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Guinée : un diagnostic national pour renforcer la lutte contre la drogue

Les experts de l’Office des Nations unies contre la drogue et le crime (ONUDC) ont réalisé un diagnostic national des capacités de prévention et de lutte contre la drogue en Guinée. La restitution des résultats de cette mission d’assistance technique s’est tenue ce vendredi 23 octobre 2026, à l’initiative du ministère de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique, à travers l’Institut itinérant de formation et de prévention intégrées contre la drogue et autres conduites addictives (IIFPIDCA).

Cette rencontre avait pour objectif de présenter les conclusions du diagnostic et de renforcer l’engagement des différents acteurs impliqués dans la prévention et la lutte contre la drogue et les conduites addictives.

Représentant la ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique, Oumar Doumbouya, directeur général de l’Enseignement supérieur, a souligné l’importance de cette mission menée en collaboration avec l’ONUDC.

Il a rappelé que la situation mondiale et régionale en matière de drogue évolue rapidement, marquée notamment par la sophistication des réseaux de trafic, la diversification des modes de consommation et l’apparition de nouvelles substances psychoactives.
Selon lui, la Guinée, en raison de sa position géographique et de ses connexions avec les autres pays d’Afrique de l’Ouest, n’est pas épargnée par ce phénomène. Le pays est notamment confronté au trafic illicite de drogues, à la consommation de substances psychoactives et à l’usage détourné de certains médicaments, dont le tramadol, consommé abusivement par des jeunes, notamment dans les zones d’exploitation minière artisanale.

Pour le représentant du ministère, la lutte contre la drogue exige un renforcement des capacités des acteurs concernés, aussi bien au niveau des institutions publiques qu’au sein des organisations de la société civile.
Il a également insisté sur la nécessité de disposer d’une vision actualisée du dispositif national afin de mieux cerner les responsabilités des différents intervenants, les mécanismes de coordination existants, les ressources disponibles et les principales difficultés rencontrées.

En conclusion, Oumar Doumbouya a réaffirmé l’engagement de son département à soutenir les initiatives visant à protéger la jeunesse guinéenne contre les risques liés à la consommation de drogues et aux conduites addictives.

Prenant la parole au nom de l’ONUDC, Crispin Sangare Bahizir a remercié les autorités guinéennes, les institutions publiques, les services techniques, les organisations de la société civile ainsi que l’ensemble des acteurs ayant contribué à cette étude.

Il a rappelé que la lutte contre la drogue ne saurait se limiter à la répression, dans la mesure où elle touche également à la santé publique, à la sécurité, à la justice, à la prévention, à la protection de la jeunesse et au développement socio-économique.
L’étude visait notamment à identifier les acteurs et les mécanismes existants, à évaluer les forces et les insuffisances du dispositif national, puis à dégager des pistes d’amélioration.

Les consultations ont mis en évidence plusieurs atouts, notamment l’engagement des institutions, l’expérience des services opérationnels et la volonté des différents acteurs de renforcer leur coopération. Elles ont également révélé des besoins en matière de collecte de données, de coordination, de capacités techniques, de prévention et de prise en charge des personnes affectées par l’usage de drogues.

Crispin Sangare Bahizir a, par ailleurs, attiré l’attention sur la dimension transnationale du phénomène.

L’ouverture maritime de la Guinée, ses frontières terrestres et ses connexions régionales imposent, selon lui, une vigilance constante face à l’évolution des itinéraires empruntés par les réseaux de trafic.

Il a précisé que les résultats de cette étude constituent un point de départ pour alimenter la réflexion nationale sur les priorités et les moyens nécessaires au renforcement de la réponse guinéenne. Dans cette perspective, l’ONUDC entend mettre son expertise à la disposition des autorités afin d’accompagner leurs efforts en matière de prévention et de lutte contre la criminalité transnationale organisée.

De son côté, Thierno Bah, directeur général de l’IIFPIDCA, a souligné l’importance des cinq jours de consultations consacrés au diagnostic des capacités nationales en matière de prévention et de lutte contre la drogue.
Il a remercié les experts et les institutions ayant pris part à cette démarche, tout en rappelant que la prévention des troubles liés à l’usage de substances psychoactives constitue un enjeu majeur pour la santé et l’avenir de la jeunesse guinéenne.

Il a également insisté sur la nécessité de renforcer la collaboration entre les institutions et de traduire les constats de l’étude en actions concrètes, adaptées aux réalités nationales.
Les consultations menées auprès des acteurs de la prévention, des professionnels de santé, des services spécialisés, des forces de défense et de sécurité, ainsi que des acteurs de la justice, ont permis de recueillir des informations sur les capacités existantes, les difficultés rencontrées et les besoins prioritaires.

Pour le directeur général de l’IIFPIDCA, la restitution de ces résultats doit permettre aux parties prenantes d’examiner les premières conclusions, de formuler leurs observations et de mieux orienter les prochaines étapes.
Il a enfin réaffirmé l’engagement de son institution à contribuer au renforcement de la coordination des interventions et des capacités nationales en matière de prévention, de prise en charge et de lutte contre la drogue.

Thierno Kalifatou Doumbouya

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