La Guinée a dévoilé, ce jeudi 2 juillet 2026, les résultats officiels de la sixième Enquête démographique et de santé (EDS-VI), au cours d’une cérémonie solennelle à Conakry.
Plus qu’une publication statistique, cet événement a réuni les autorités nationales, les partenaires internationaux et la société civile autour d’un constat partagé : la santé publique est désormais au cœur de la gouvernance et du développement durable du pays.
La cérémonie, organisée dans un complexe hôtelier de la capitale, a rassemblé une audience de haut niveau, marquée par la présence de l’ancien Premier ministre Kabiné Komara, du gouverneur de la Banque centrale et de plusieurs ministres sectoriels. Les représentants de la Banque mondiale, de l’OMS, de l’UNICEF et de l’UNFPA ont également pris part à cette rencontre, aux côtés d’acteurs de la société civile et du secteur privé, témoignant de l’importance stratégique de ces nouveaux indicateurs pour l’orientation des futures politiques publiques.
Le directeur général de l’Institut national de la statistique, Dr Makan Doumbouya, a présenté avec précision les résultats de l’EDS-VI. L’enquête a couvert 8 000 ménages répartis sur l’ensemble du territoire, ciblant 10 960 femmes et 4 224 hommes âgés de 15 à 59 ans, ainsi que des enfants de 0 à 5 ans. Les questionnaires ont été adaptés à chaque catégorie — ménages, femmes, hommes et enfants — permettant une collecte exhaustive et représentative.
Les indicateurs produits révèlent des tendances majeures. La mortalité infantile a amorcé un recul encourageant, fléchissant de 67 %. La mortalité infanto-juvénile a également baissé de manière significative, passant de 111 ‰ en 2018 à 61 ‰ en 2025.
L’enquête a aussi permis de mesurer la prévalence du paludisme, des maladies non transmissibles, ainsi que les niveaux de vaccination et les pratiques contraceptives. Contrairement aux éditions précédentes, elle a intégré de nouveaux modules sur l’hépatite B, l’hypertension artérielle, le diabète, la nutrition, mais aussi sur l’autonomisation des femmes, l’inclusion financière et la mobilité.
Dr Makan Doumbouya a insisté sur la valeur stratégique de ces données : elles constituent un socle indispensable pour le suivi des engagements nationaux et internationaux, mais aussi pour la mise en œuvre du programme Simandou 2040, qui place la santé et le bien-être au cœur du développement socio-économique. « La réussite de ce programme exige des informations fiables et actualisées », a-t-il affirmé, soulignant que l’EDS-VI est désormais un instrument de pilotage incontournable pour les politiques publiques.
De son côté, Mary E. Daschbach, chargée d’affaires de l’ambassade des États-Unis, a salué l’importance de l’appui américain, évalué à plus d’un million de dollars. Elle a insisté sur la valeur stratégique de l’enquête : « L’EDS n’est pas un simple exercice académique. C’est une boussole indispensable pour orienter vos politiques de santé publique vers plus d’efficacité et d’équité. »
La ministre de la Santé, Kaïté Sall, a livré un discours empreint d’émotion, mettant en avant les progrès enregistrés, notamment la baisse significative de la mortalité infantile et infanto-juvénile. Elle a toutefois rappelé les défis persistants liés aux épidémies successives qui ont fragilisé le système sanitaire. « Aucun progrès sanitaire n’est définitivement acquis si notre système n’est pas suffisamment résilient pour faire face aux chocs », a-t-elle averti, appelant à intensifier les efforts en faveur de l’équité territoriale et de la couverture sanitaire universelle.
Prenant la parole à son tour, le ministre du Plan, de la Coopération internationale et du Développement, Ismaël Nabé, a insisté sur la portée historique de l’EDS-VI. Pour lui, cette enquête dépasse la simple diffusion de données statistiques : elle constitue un miroir fidèle de la population guinéenne et un outil stratégique pour préparer l’avenir. Il a rappelé que plus de 8 000 ménages répartis sur tout le territoire ont accepté de participer, permettant de produire des informations fiables et scientifiquement robustes.
« Derrière chaque chiffre publié aujourd’hui se trouve une vie, une famille, une réalité humaine », a-t-il déclaré, soulignant que la Guinée fait le choix de la transparence et de la rigueur scientifique pour orienter ses politiques publiques.
Ismaël Nabé a replacé l’EDS-VI dans la philosophie du programme Simandou 2040, qui repose sur une gouvernance fondée sur les preuves. Il a mis en avant les progrès enregistrés, mais aussi les disparités persistantes entre les zones urbaines et rurales, notamment en matière d’accès à l’eau potable, à l’électricité et aux services de santé.
Pour lui, ces chiffres ne doivent pas être perçus comme des fatalités, mais comme un appel collectif à accélérer l’action. L’enquête devient ainsi un instrument transversal de pilotage, éclairant les décisions dans les domaines de la santé, de la nutrition, de l’éducation et de la protection sociale.
« Les nations qui réussissent ne sont pas celles qui disposent uniquement des plus grandes richesses naturelles, mais celles qui savent produire les meilleures décisions grâce aux meilleures données », a-t-il conclu, affirmant que l’EDS-VI marque le point de départ d’une nouvelle étape dans la refondation nationale.
Enfin, le représentant du Premier ministre a transmis un message empreint de solennité, rappelant que la présence massive des autorités à la cérémonie illustre l’engagement collectif du gouvernement à œuvrer pour un développement harmonieux. Il a affirmé que l’EDS-VI n’est pas une simple enquête statistique, mais un instrument moderne et robuste de pilotage sanitaire et démographique.
« Un État qui ne se mesure pas est un État qui avance à l’aveugle », a-t-il martelé, insistant sur la volonté du Président Mamadi Doumbouya et du gouvernement de fonder la gouvernance sur des données fiables et actualisées, socle de la transparence et de la bonne gestion publique.
Il a détaillé les axes opérationnels qui découleront des résultats : anticiper les besoins futurs en matière de santé et d’éducation, planifier les investissements publics structurants et renforcer l’alignement des politiques sectorielles avec les priorités nationales de développement humain. Pour lui, le capital humain reste le principal moteur de la transformation nationale, et la santé des populations, la maîtrise de la fécondité, la nutrition et l’autonomisation des femmes constituent les leviers les plus puissants de la croissance. L’EDS-VI, a-t-il conclu, matérialise la redevabilité de l’action gouvernementale et fixe une nouvelle référence stratégique pour orienter les choix budgétaires, afin que les fruits de la croissance bénéficient équitablement à chaque citoyen.
C’est en ces termes qu’il a déclaré, au nom du Premier ministre, le lancement officiel de la vulgarisation et de l’étude approfondie des résultats officiels de la sixième Enquête démographique et de santé (EDS-VI).
Mohamed Dramé

















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