Le procès des événements du 28 septembre 2009 poursuit son cours avec une nouvelle étape décisive. Après les réquisitions du ministère public, qui a requis dix ans de réclusion criminelle contre le colonel Bienvenu Lamah, la défense a achevé ses plaidoiries ce lundi 29 juin devant le tribunal.
Les avocats du prévenu se sont attachés à démonter les accusations portées contre leur client, dénonçant un dossier qu’ils qualifient de « vide » et réaffirmant son innocence.
Après les interventions de Mes Pépé Antoine Lamah et Lazare Gbilimou, c’était au tour de Me Zézé Kalivogui, doyen du collectif de défense, de prendre la parole pour clôturer les plaidoiries. L’avocat a tenté de démontrer que son client ne pouvait être tenu pour responsable des atrocités commises au stade de Conakry le 28 septembre 2009.
Depuis l’ouverture de cette phase des débats, les avocats du colonel Bienvenu Lamah réclament son acquittement, estimant que les poursuites reposent sur un dossier « vide » et une procédure qu’ils jugent entachée de graves irrégularités.
« Les pièces versées au dossier sont, premièrement, un document fabriqué par le parquet. Deuxièmement, le témoin clé, Mamadi Soumaoro, a été assisté par un avocat de la partie civile lors de son audition devant le doyen des juges d’instruction. Cela suffit à ôter toute crédibilité à ses déclarations », avait notamment soutenu Me Pépé Antoine Lamah lors d’une précédente audience.
La défense affirme par ailleurs que le colonel Bienvenu Lamah est victime d’un acharnement en raison de sa loyauté, de son professionnalisme et de son intégrité. Les avocats contestent également les affirmations du ministère public selon lesquelles leur client dirigeait le camp de Kaliah au moment des faits.
À les en croire, un acte administratif officiel établit que Bienvenu Lamah occupait uniquement les fonctions d’instructeur au sein de ce centre de formation, aux côtés de l’actuel commandant de la région de gendarmerie de Conakry, le général Mamadou Mouctar Aguibou Tall.
Selon le collectif de défense, ce dernier aurait confirmé, lors de son audition à huis clos, n’avoir retrouvé aucune archive compromettante concernant le colonel Lamah au camp de Kaliah. Le général Tall aurait également indiqué que le document versé au dossier, présentant Bienvenu Lamah comme directeur du camp, ne provenait pas de lui, mais aurait été introduit par sa hiérarchie.
Toujours selon la défense, le général Mamadou Mouctar Aguibou Tall a salué la moralité, le professionnalisme et les compétences du prévenu. « Le colonel Bienvenu Lamah a été instructeur et non directeur du centre. Ces éléments démontrent que l’accusation est particulièrement faible », a conclu Me Lazare Gbilimou.
Au terme des réquisitions du ministère public et des plaidoiries des différentes parties, le président du tribunal, Aboubacar Thiam, a annoncé que le jugement serait rendu le 27 juillet prochain.
Selon le magistrat, le délibéré dans l’affaire opposant le ministère public au colonel Bienvenu Lamah sera prononcé à cette date, marquant une étape décisive dans cette procédure judiciaire. L’audience a ensuite été levée et l’affaire renvoyée au 27 juillet pour le prononcé du verdict.
Les événements du 28 septembre 2009, survenus au stade du même nom à Conakry, demeurent l’un des épisodes les plus marquants de l’histoire contemporaine de la Guinée et continuent de susciter un vif intérêt au sein de l’opinion publique nationale et internationale.
Thierno Kalifatou Doumbouya

















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