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Xiamen : ce que révèle la 26e édition du CIFIT, grand rendez-vous chinois de l’investissement international

À Xiamen, sur la côte sud-est de la Chine, la 26e édition du Salon chinois international pour l’investissement et le commerce (CIFIT) a ouvert ses portes le 8 septembre pour quatre jours. Organisé pour la première fois au Centre international des expositions de Xiamen, le salon s’étend cette année sur 200 000 mètres carrés, soit une hausse de plus de 60 % par rapport à l’édition précédente.

L’événement a attiré plus de 1 200 délégations officielles et groupes d’entreprises provenant de 129 pays et régions, ainsi que 30 organisations internationales. Dans un contexte mondial marqué par la montée des incertitudes, cette édition envoie un signal clair : la Chine entend continuer à jouer un rôle central dans les flux d’investissement, à la fois entrants et sortants.
(Photo : VCG)
Une envergure inédite pour un rendez-vous historique
Créé en 1997, le CIFIT est le seul salon de niveau national en Chine entièrement consacré à la promotion des investissements bidirectionnels. Son thème permanent — « Élargir les investissements dans les deux sens pour promouvoir le développement mondial », ‌qui a été souligné dans la lettre de félicitations adressée par le président Xi Jinping à l’édition 2025 —‌ sert de fil conducteur de l’ensemble de l’événement.
Trois volets articulent ainsi l’édition 2026 : « Investir en Chine », « Investissement chinois à l’étranger » et « Investissement international ». Cette année, 14 zones d’exposition spécialisées accueillent 46 activités thématiques et 52 séances de roadshow, auxquelles s’ajoutent près d’une centaine d’événements destinés à mettre en relation capitaux et projets.Cette expansion de la surface d’exposition, la plus importante de l’histoire du salon, traduit à la fois l’élargissement du « cercle d’amis » international de l’événement et la professionnalisation croissante de de ses services. Ces derniers sont désormais fortement digitalisés, grâce à la plateforme « CIFIT sur le cloud » et à son assistant conversationnel doté de fonctions de traduction multilingue.

(Photo : VCG)

Deux pays invités d’honneur, deux provinces invitées d’honneur — un message d’ouverture
Signe de cette ouverture, le salon a, pour la première fois, choisi deux « pays invités d’honneur » — la Finlande et l’Arabie saoudite — ainsi que deux « provinces invitées d’honneur » — le Guangdong et le Qinghai. Le pavillon finlandais met en avant l’économie circulaire, la transition énergétique et la fabrication intelligente. Le pavillon saoudien, l’un des plus vastes, présente quant à lui les opportunités d’investissement dans l’énergie, la pétrochimie et la fabrication avancée.
La présence, aux côtés du vice-président chinois Han Zheng, venu inaugurer l’événement, de vice-premiers ministres de Serbie, du Cambodge et de Bulgarie, ainsi que du ministre finlandais de l’Économie, porteur d’une lettre du Premier ministre, confirme le poids diplomatique de ce rendez-vous.
Dans son discours d’ouverture, Han Zheng a rappelé les engagements de la Chine en matière d’ouverture : mise en œuvre d’une politique de droits de douane nuls pour 63 pays, suppression complète des restrictions d’accès aux investissements étrangers dans le secteur manufacturier et ouverture ordonnée de secteurs de services tels que les télécommunications et la santé.
Face à la montée du protectionnisme, il a plaidé pour un écosystème d’innovation ouvert et pour la stabilité des chaînes industrielles et d’approvisionnement mondiales.(Photo : VCG)

Les « forces productives de nouvelle qualité » au cœur du salon
La nouveauté la plus visible de cette édition reste sans doute la création d’une zone consacrée aux « forces productives de nouvelle qualité », concentrée sur l’intelligence artificielle et l’économie de basse altitude. Robots humanoïdes, robots d’accompagnement, orchestre robotique — avec le premier « concert de robots » au monde donné en marge du salon —, drones logistiques et usines numériques y côtoient des équipements spécialisés, comme les quadrupèdes d’inspection électrique.Le salon ne se contente donc pas de parler d’innovation : il en devient lui-même une démonstration. La finance occupe également une place renforcée : la surface de la zone financière a doublé, et une zone dédiée au système de paiement transfrontalier en yuan (CIPS) fait ses débuts.

Enfin, un pavillon consacré à la mise en relation entre porteurs de projets et investisseurs, organisé autour de neuf filières industrielles clés, vise à améliorer l’efficacité de l’appariement entre capitaux et projets, un point faible souvent évoqué dans le financement de l’innovation.

(Photo : VCG)

Une plateforme à double sens, miroir des flux mondiaux
L’intérêt du CIFIT réside précisément dans cette double dimension.
D’un côté, « Investir en Chine » : d’après le ministère chinois du Commerce, près de 38 000 nouvelles entreprises à capitaux étrangers ont été créées dans le pays entre janvier et juillet. L’investissement étranger réel utilisé a atteint 438,3 milliards de yuans sur la période, avec une hausse de 32,7 % pour les industries de haute technologie.

De l’autre, « Investissement chinois à l’étranger » : en 2025, les flux sortants ont dépassé 213 milliards de dollars, en hausse de 11,1 %, portant le stock à 3 400 milliards de dollars, au troisième rang mondial. Quelque 58 000 entreprises chinoises sont aujourd’hui implantées dans 189 pays.
Cette capacité d’attraction et cette expansion s’appuient sur des outils concrets dévoilés ou renforcés au salon : le premier « Dialogue international sur la coopération en matière de chaînes d’approvisionnement », lancé par le ministère du Commerce, ou encore la « Future Investment Conference », organisée pour la deuxième fois par la CNUCED sous le thème de l’investissement mondial dans un monde qui change.
Sans oublier les forums consacrés à l’ESG, à l’environnement des affaires ou à la coopération entre la Chine et l’Europe, les États-Unis ou les pays de l’ASEAN.

(Photo : VCG)

Conclusion
La 26e édition du CIFIT illustre une stratégie cohérente : alors que les flux d’investissement mondiaux se recomposent, la Chine choisit d’afficher une ouverture massive — par la taille de l’événement, par la diversité de ses partenaires et par les mesures concrètes annoncées.
Le pari du salon est que, dans un monde incertain, les capitaux continueront de rechercher la stabilité, les marchés et l’innovation.

En réunissant sur un même site les pays du Nord comme ceux du Golfe, les provinces côtières comme l’intérieur en mutation, les robots et les systèmes de paiement, Xiamen offre une image condensée de ce que la Chine souhaite être : non pas un acteur qui se replie, mais un espace-carrefour où l’investissement circule dans les deux sens.

Par Han Yingya, CGTN Français

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