En plein cœur de Conakry, une femme se distingue. Casque vissé sur la tête, regard déterminé, Aïssata Sylla rivalise avec les hommes dans un métier presque exclusivement masculin : celui de conducteur de moto-taxi. Chaque jour, elle sillonne les rues de la capitale, transportant des passagers avec assurance.
Titulaire d’un BTS en commerce international et d’un BEP en transit douane, elle raconte son parcours :« Après mes formations, j’ai tout fait pour obtenir un stage, mais je n’ai pas réussi. Alors j’ai commencé à vendre des habits, ce qui m’a permis de financer une autre formation de huit mois en conduite de poids lourds. Mais là encore, les choses n’allaient pas. Comme j’avais la passion des engins roulants, j’ai décidé de me lancer dans la moto-taxi. J’ai acheté une première moto d’occasion à crédit pour 2 500 000 francs guinéens. Je travaillais pour payer au fur et à mesure, jusqu’à la fin de l’échéance. Mais cette moto m’a trop fatiguée. Finalement, j’ai cherché à en acquérir une autre, qui m’appartient vraiment. »
Les débuts n’ont pas été faciles, surtout avec sa mère, qui, en tant que mère d’une fille unique, s’opposait fermement à ce choix. Il a fallu l’intervention de son oncle pour apaiser les tensions et soutenir Aïssata dans son projet.
Dans ce métier, elle a rencontré plusieurs obstacles. L’un des plus marquants fut la méfiance des passagers.
« Certains avaient peur de monter derrière une femme. Il m’arrivait de rentrer sans même le prix du carburant. Maintenant, quand je sors, je me déguise en homme et tout se passe bien » , ajoute-t-elle.
Mère d’un enfant, Aïssata parvient grâce à son travail à subvenir à ses besoins, à aider sa mère et à soutenir sa famille. Elle lance un appel vibrant aux femmes : « Apprenez une activité génératrice de revenus. »
Son histoire est celle d’une femme courageuse qui, malgré les obstacles, a su transformer sa passion en métier et ouvrir la voie à d’autres.
Anne Marie Somaparé

















Leave a Reply