La Guinée accueille depuis mardi un atelier sous-régional de quatre jours pour former les agents chargés du contrôle des pesticides aux frontières.
Organisé par le Comité national de gestion des pesticides, cet atelier réunit des inspecteurs et des douaniers de la CEDEAO. Objectif : mieux protéger la santé des consommateurs et assainir le marché des produits phytosanitaires.
L’atelier s’est ouvert ce mardi à Conakry sous l’autorité de M. Oumar Barry, secrétaire général du ministère de l’Agriculture et président du Comité national de gestion des pesticides, en présence de Mme Fadima Haïdara, directrice nationale de la Protection des végétaux et secrétaire permanente du CNGP-G. Durant quatre jours, inspecteurs phytosanitaires et douaniers de la sous-région renforcent leurs compétences sur le contrôle des pesticides aux frontières terrestres, maritimes et aériennes.
Un enjeu de santé publique
Pour M. Oumar Barry, cette formation découle du décret créant le Comité national. C’est la deuxième fois que la Guinée l’organise, après 2024. « Cet atelier mobilise tous les services de contrôle et d’inspection de la CEDEAO », a-t-il expliqué. « L’objectif est de protéger la santé du consommateur. La santé humaine commence par la terre et la production. Les engrais et pesticides mal utilisés deviennent un poison. C’est la dose qui fait le poison. Il faut des professionnels pour encadrer les agriculteurs. »
Il alerte sur les risques : « Les pesticides mal contrôlés contaminent les aliments et se retrouvent dans nos assiettes. Cela peut provoquer des maladies graves, dont des cancers. Cet atelier doit outiller nos inspecteurs pour qu’ils remplissent mieux leur mission, en Guinée et dans la sous-région. »
M. Barry attend un effet multiplicateur. « Les agents formés ici vont à leur tour former ceux qui n’ont pas pu venir à Conakry, ainsi que les paysans dans les préfectures. Tous les services frontaliers du Sénégal, de la Côte d’Ivoire, du Mali et d’autres pays sont représentés. »
Assainir totalement le marché
Pour Mme Fadima Haïdara, « cet atelier a la valeur d’une montagne d’or pour la santé des aliments, de l’homme et des animaux ». Elle rappelle que les pesticides sont « un couteau à double tranchant ». Indispensables pour augmenter la productivité agricole face à la croissance démographique, ils exigent un contrôle strict. « La porosité de nos frontières impose de renforcer les capacités des comités nationaux de la CEDEAO », a-t-elle souligné.
Le lien avec Simandou 2040 est direct : « Ce projet place l’agriculture en priorité. Il faut des personnes formées pour gérer les pesticides. De la fourche à la fourchette, nous devons garantir la sécurité sanitaire. Les produits non homologués seront retirés du marché. Nous visons un assainissement total », a-t-elle annoncé.
Appui de la FAO et de la CEDEAO
Au nom du représentant de la FAO en Guinée, Dr Lionel Barry, M. Abdoulaye Diaga Bah a salué « un enjeu crucial ». La FAO réaffirme son appui technique pour appliquer le Code international de conduite sur la gestion des pesticides, au service d’une « agriculture plus sûre et plus résiliente ».
Le coordonnateur du Comité ouest-africain d’homologation des pesticides a détaillé le programme : deux jours de formation en salle pour les inspecteurs et douaniers, suivis de deux jours de pratique aux postes-frontières terrestres avec la Sierra Leone, ainsi qu’aux postes maritimes et aériens.
« Après cette formation, nous attendons une amélioration des contrôles. Moins de pesticides non homologués doivent circuler en Guinée. Notre objectif est que seuls les produits ayant passé l’homologation circulent dans la CEDEAO », a-t-il précisé.
La douane en première ligne
Pour Oumar Doumbouya, représentant de la douane, le rôle est clair : « Au-delà de la mobilisation des recettes, la douane doit contrôler les marchandises qui entrent. Les pesticides ont des avantages mais aussi des risques. S’ils ne sont pas utilisés selon les règles, ils causent des dommages à la population. Nous devons intercepter les produits non conformes et appliquer la réglementation. »
Avec cet atelier, la Guinée et ses partenaires de la CEDEAO renforcent le verrouillage des frontières contre les pesticides dangereux. Former les agents de terrain, c’est garantir des aliments plus sains à la population et accompagner les ambitions agricoles du programme Simandou 2040.
SARAF DINE CONDÉ

















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