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Procès du 28 septembre 2009 : le dossier entre dans sa phase décisive des réquisitions et plaidoiries

Le procès des événements du 28 septembre 2009 a atteint une nouvelle étape dans sa deuxième phase. Après six mois d’audiences au tribunal de Dixinn, délocalisé à la Cour d’appel de Conakry, le dossier est entré, ce lundi 22 juin 2026, dans la phase des réquisitions et des plaidoiries.

À cette étape, Me Hamidou Barry, avocat de la partie civile, a ouvert les débats.

Dans l’affaire Ministère public contre le colonel Bienvenu Lamah, il convient de rappeler que ce dernier a été mis en cause à la suite des déclarations de M. Mamadi Soumaoro et du feu Toumba Diakité lors du premier procès. C’est sur la base de ces éléments qu’il est poursuivi pour complicité de crimes, notamment de meurtres, d’assassinats, de viols, de vols à main armée, de séquestrations et d’autres infractions.

Sans revenir sur l’ensemble de la procédure, le colonel Bienvenu Lamah a été renvoyé devant la juridiction compétente par l’ordonnance n°17 du 14 janvier 2025 pour des faits de complicité dans des crimes tels que les meurtres, les assassinats, les viols et les blessures volontaires, entre autres.

Concernant les éléments de preuve, Me Hamidou Barry a rappelé plusieurs déclarations faites à l’audience du 18 décembre 2025. Le colonel Bienvenu Lamah y aurait déclaré :

« Je suis retourné à Kaléah après la prise du pouvoir par le CNDD. Le 30 décembre 2009, j’ai appris que des recrues étaient venues à Kaléah. »
Il a également affirmé que les recrues de Kaléah ne portaient pas d’uniforme à leur arrivée.

Selon la partie civile, ces déclarations, ainsi que celles faites à l’audience du 14 janvier 2026, montrent que l’accusé reconnaît avoir été présent à Kaléah en avril 2009, tout en niant certaines implications.

Cependant, Me Hamidou Barry estime qu’il est difficilement crédible que le colonel ignore les mouvements des recrues formées à Kaléah, compte tenu de ses fonctions de direction au sein du centre. Il soutient que plusieurs témoignages, notamment celui de M. Mamadi Soumaoro, confirment son rôle de directeur du centre et sa participation à la sélection des recrues.

L’avocat a également indiqué que plusieurs vidéos ont été visionnées au cours des débats, corroborant, selon lui, les déclarations des témoins.

Sur le plan juridique, Me Hamidou Barry a réaffirmé que les faits reprochés doivent être qualifiés de crimes contre l’humanité. Selon lui, les événements du 28 septembre 2009 ne sauraient être considérés comme de simples infractions de droit commun.
Il s’appuie notamment sur une jurisprudence nationale et internationale ainsi que sur le Statut de Rome, notamment son article 7 relatif aux crimes contre l’humanité. Il rappelle également que ces dispositions ont été intégrées dans le Code pénal guinéen.

L’avocat a demandé au tribunal de requalifier les faits en crimes contre l’humanité, estimant que les éléments du dossier, les rapports des Nations unies ainsi que les témoignages versés aux débats vont dans ce sens.

S’agissant de l’action publique, la partie civile demande que le colonel Bienvenu Lamah soit déclaré coupable de crimes contre l’humanité.

Sur l’action civile, elle se fonde sur les articles 440 et 441 du Code de procédure pénale pour demander la recevabilité des constitutions de parties civiles déposées entre janvier et mars 2026.

Les parties civiles sollicitent également la condamnation du colonel Bienvenu Lamah au paiement de dommages et intérêts.

Elles ont présenté une liste de victimes, notamment dans les cas d’assassinats, de disparitions, de viols et de blessures graves. Les montants réclamés varient selon les catégories de préjudices :

« Assassinat, meurtre et disparitions : 2 milliards de francs guinéens par personne. Les cas de viol : 2 milliards de francs guinéens par personne. Coups et blessures : 1 milliard de francs guinéens par personne. Destruction des biens : 1 milliard de francs guinéens par personne. »

L’avocat a également demandé le paiement de 20 milliards de francs guinéens à titre de dommages et intérêts pour l’ensemble des victimes.

Thierno Kalifatou Doumbouya

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