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Musique : « Feu Aboubacar Demba mérite l’attention de tous… », dixit Sékouba Bambino Diabaté

À l’occasion de la sortie de son single « Demba », l’artiste de renommée internationale Sékouba Bambino Diabaté s’est prêté, depuis l’Hexagone, aux questions de notre rédaction. Un entretien à bâtons rompus qui a permis d’aborder son actualité musicale, ses inspirations et sa vision de la scène artistique africaine.

HOROYA : Pouvez-vous nous raconter brièvement vos débuts dans la musique et les étapes marquantes de votre carrière jusqu’à aujourd’hui ?

Sékouba Bambino Diabaté : Mon début n’a pas été facile, car mon père n’y adhérait pas. Il tenait plutôt à mes études, mais le destin s’est imposé.
Comme tout débutant, à l’époque, j’ai fait mes premières expériences dans une seconde formation qui s’appelait « Révolution Band ». Plus tard, j’ai rejoint l’orchestre fédéral « Le Mandenkono » dans les années 1979, avant d’être sollicité pour le célèbre Bembeya Jazz National par les autorités d’alors, en 1983. En 1989, j’ai tenté une carrière solo avec l’accord de mon orchestre, une étape qui m’a ouvert d’autres portes, comme mon intégration au groupe Africando.

D’où vient ce surnom affectueux et que représente-t-il pour vous ?

Le surnom Bambino m’a été attribué le jour de mon arrivée à Conakry, qui a coïncidé avec la naissance d’un garçon sous le toit du doyen Sékou Le Gros. À l’aéroport, il a réagi en disant : « Un Bambino est né et un Bambino est arrivé dans le Bembeya. » Depuis lors, je porte ce sobriquet avec fierté.

Après avoir évolué dans des groupes, vous avez choisi la voie solo. Est-ce pour vous un avantage en termes de liberté artistique ou parfois un handicap ?

Cette carrière solo a été une valeur ajoutée, comme je l’ai dit au début. L’expérience du Bembeya m’a permis de franchir facilement les frontières du monde musical.

Votre dernier projet musical porte sur le dragon de la musique guinéenne, feu Demba. Pourquoi et que souhaitez-vous transmettre au public ?

Bien que ça soit tard, mais comme on le dit, il n’est jamais trop tard pour bien faire, feu Aboubacar Demba mérite l’attention de tous pour sa contribution remarquable à l’évolution et au rayonnement de la musique guinéenne. Quant à moi, c’était une obligation morale de lui rendre hommage pour quelques raisons.
Premièrement, les chansons de Demba ont marqué notre jeunesse.
Deuxièmement, je suis venu au même micro que lui. Bien que je ne l’aie pas connu, j’ai fait mes débuts dans le Bembeya en interprétant son riche répertoire, comme « Regard sur le passé », etc.
Troisièmement, il n’y a eu que deux jours d’intervalle entre le décès de Demba et celui de ma mère. Feue Djemarama Samoura est décédée le mardi 3 avril 1973 et Aboubacar Demba est mort le jeudi 5 avril de la même année. Ma mère fut une grande cantatrice du côté de Bamako. Elle est l’autrice de célèbres titres comme « Appolo » et « Kassouman Ma ».

Quels sont, selon vous, les albums qui ont le plus contribué à votre notoriété internationale et qui vous ont ouvert les portes de la scène mondiale ?

Je pense qu’il m’est difficile de faire cette distinction, car le résultat de ma carrière est le concours de l’ensemble du contenu de tous mes albums. Par contre, il y a un titre qui touche mon émotion : c’est « Kassouman Ma ». C’est une création de ma défunte mère que je n’ai pas connue, et il fait partie de mes premiers titres. En le chantant, je vois ma mère devant moi.

Vous êtes également très actif dans le domaine humanitaire. Que signifie cet engagement pour vous et comment s’articule-t-il avec votre carrière artistique ?

Tout artiste est humanitaire en soi, d’abord. Pour faire de la musique et être écouté dans le temps, il faut être du côté des faibles et des vulnérables. Donc, cela ne me pose pas de problème de gérer les deux. Hier, j’étais ambassadeur de la Croix-Rouge Guinéenne et, aujourd’hui, je suis ambassadeur de l’UNICEF-Guinée pour l’enfance, et je le suis avec honneur.

Propos recueillis par J.-M. Morgan

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