De la presse coloniale aux organes militants, l’histoire du journal Horoya retrace la longue marche de la Guinée vers l’indépendance et la souveraineté. Créé en 1961, il demeure aujourd’hui un témoin privilégié des transformations du pays.
Les premières publications en Guinée apparaissent dans les années 1920, avec La Voix de Notre Dame, éditée par la mission catholique. Dans les décennies suivantes, l’essor agricole favorise la naissance de titres comme La Guinée Française, Voix des Planteurs ou Échos Guinéens, qui deviendra plus tard Échos d’Afrique Noire à Dakar, connu pour ses pamphlets contre la colonisation.
Après la Seconde Guerre mondiale, la montée des mouvements politiques et syndicaux donne naissance à une presse militante. Le Phare de Guinée, organe du PDG créé en 1947, se distingue par ses attaques virulentes contre l’administration coloniale. Malgré les interdictions successives, d’autres titres comme Coup de Bambou ou Liberté poursuivent la lutte, relayant les aspirations populaires à l’indépendance.
Au lendemain du référendum de 1958 et de la proclamation de l’indépendance, seul Liberté survit. Le 18 avril 1961, il prend le nom de Horoya — qui signifie « liberté » en malinké — et devient le journal officiel du jeune État guinéen. Depuis, Horoya s’est imposé comme un repère historique, relatant les grandes étapes de la vie nationale, de la construction des infrastructures aux débats politiques et sociaux.
À 65 ans, Horoya incarne la mémoire vivante de la presse guinéenne. Héritier des luttes anticoloniales, il demeure un symbole de liberté et de mobilisation, rappelant que l’écriture journalistique fut, dès l’origine, une arme au service de l’indépendance et de la dignité nationale.
Yamoussa Touré

















Leave a Reply