Après des décennies d’oubli et de délabrement, le Musée national de Sandervalia renaît comme un symbole fort de la mémoire collective guinéenne. Sa transformation, portée par une volonté politique affirmée, marque un tournant historique pour la culture du pays.

Sous l’impulsion du président Mamadi Doumbouya et avec l’appui de partenaires tels que l’ambassade de France et l’Agence française de développement (AFD), l’État guinéen a contracté pour la première fois depuis l’indépendance un prêt de 16 millions d’euros destiné au secteur culturel. À cela s’ajoutent 10 milliards de francs guinéens mobilisés pour la rénovation des bâtiments existants. Les travaux, déjà réalisés à 80 %, redonnent vie à un espace longtemps laissé à l’abandon.
Hamza Kaba, directeur général adjoint du musée, exprime son soulagement : « Aujourd’hui, j’ai un sentiment de réconfort pour nous, travailleurs du musée national. Quand on sait que le musée était dans une situation pas du tout reluisante, c’est grâce au président de la République. »
Mais l’ambition dépasse les murs. Un projet de musée virtuel, financé à hauteur de 2 millions d’euros, permettra dès 2027 à tout citoyen d’accéder aux collections via un smartphone ou un ordinateur. Dix objets représentatifs des différentes régions et communautés de Guinée sont déjà photographiés en 3D, chacun nécessitant entre 2 000 et 3 000 clichés.
Ce chantier mobilise une équipe pluridisciplinaire : musées nationaux, archives, bibliothèque, ONACIG, musée de l’armée, ainsi que des experts français venus former les agents locaux. Cissé M’bemba Dine, chef du département collecte et inventaire, insiste sur la nécessité de renforcer les compétences : « Le musée a besoin de beaucoup de formations, en conservation préventive, en restauration, en médiation. Chaque spécialité demande des années d’études. »
Au-delà des chiffres et des projets, c’est une véritable renaissance qui s’opère. Le Musée national de Sandervalia n’est plus seulement un lieu figé de mémoire ; il devient un espace vivant, ouvert sur le monde, où tradition et modernité dialoguent. En redonnant souffle à ce patrimoine, la Guinée affirme sa volonté de préserver son identité culturelle tout en l’inscrivant dans la dynamique du XXIᵉ siècle.
Mohamed Dramé
Photo : Lamine Sylla

















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