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Disparition de Mamadou Sylla : une figure majeure de la Guinée s’éteint

Le monde des affaires et l’arène politique guinéenne sont en deuil. Mamadou Sylla, président de l’Union Démocratique de Guinée (UDG) et figure de proue du patronat durant l’ère Conté, est décédé ce jeudi 16 avril 2026 à l’aube.

Avec lui s’éteint une certaine manière de conjuguer influence financière et ambition nationale.

C’est à sa résidence de Dixinn-Bora, aux alentours de 6 heures du matin, que celui que tout le pays surnommait « Sylla Futurelec » a rendu son dernier soupir. L’homme d’affaires, dont la santé faisait l’objet de discrètes spéculations ces derniers mois, laisse derrière lui un vide immense. Dès l’annonce de sa disparition, un ballet de personnalités politiques et d’opérateurs économiques a débuté vers sa demeure, témoignant de l’aura qu’il conservait malgré les mutations politiques récentes.

Mamadou Sylla n’était pas seulement un chef de parti ; il était le symbole d’une ascension fulgurante sous la Deuxième République. Fondateur du groupe Futurelec Holding, il s’était imposé comme le partenaire privilégié de l’État sous le magistère du général Lansana Conté. De l’import-export à l’industrie, il a régné sans partage sur le secteur privé guinéen pendant près de trois décennies.

En 2020, il avait réussi son pari politique en devenant le chef de file de l’opposition parlementaire, prouvant que son entregent dépassait largement le cadre des bilans comptables.
Un séisme pour l’UDG à la veille des élections.

Le timing de cette disparition est critique.

À l’approche des futurs scrutins nationaux, l’Union Démocratique de Guinée (UDG) se retrouve décapitée. Le parti perd non seulement son leader historique, mais aussi son principal moteur financier.

« C’est un séisme pour nous. Il était la boussole et le ciment de notre formation », confie un cadre du parti, visiblement ébranlé.

La question de sa succession à la tête de l’UDG, ainsi que la gestion de son immense patrimoine industriel, vont désormais constituer un test de résilience pour ses héritiers et ses lieutenants politiques. Avec le décès de Mamadou Sylla, la Guinée tourne une page majeure de son histoire économique. Il restera l’image de ces « capitaines d’industrie » capables de peser sur les décisions régaliennes.

Alors que le pays s’apprête à lui rendre un dernier hommage national, les observateurs s’interrogent déjà sur la pérennité de son œuvre dans un paysage politique en pleine recomposition.

Naby Camara

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