Le Conseil National de la Transition (CNT) a franchi une étape décisive pour l’avenir de la jeunesse guinéenne ce mardi 14 avril. En ratifiant un accord de prêt de près de 30 millions d’euros auprès de la BIDC, l’institution donne le coup d’envoi d’une réforme structurelle : la naissance des tout premiers lycées techniques agricoles du pays.
C’est un tournant que le ministre de l’Enseignement technique, de la Formation professionnelle et de l’Emploi, Alpha Bacar Barry, qualifie de « fondateur ». Jusqu’alors, le système éducatif guinéen souffrait d’un chaînon manquant entre l’école de base et les instituts supérieurs spécialisés.
Avec cette enveloppe de 29 782 000 euros, le gouvernement ambitionne de professionnaliser le secteur primaire dès l’adolescence.
L’objectif affiché par l’exécutif était de rompre avec l’agriculture de subsistance pour embrasser une exploitation scientifique et rentable.
Ces nouveaux lycées ne seront pas de simples centres d’apprentissage rudimentaires, mais de véritables pôles de haute technologie.
Le cursus se veut hybride, articulé autour de trois axes majeurs, à savoir entre autres : la science du vivant, la transformation et l’entrepreneuriat, afin de former une nouvelle génération de chefs d’entreprise capables de naviguer sur le marché régional.
« C’est la première fois que l’on va voter un accord finançant des lycées agricoles en Guinée. Pour l’instant, nous n’en avons pas », a martelé le Ministre, soulignant le caractère inédit de ce projet.
« Les lycées techniques vont apporter une solution de formation pour que les enfants puissent être habitués, puissent être familiarisés avec les laboratoires.
La nature des sols, la nature des semences, l’itinéraire agricole, les procédés de transformation, la qualité de la nourriture sont des sujets que les enfants vont apprendre dès le lycée. En plus de la connaissance technique initiale dont ils ont besoin pour être de bons lycéens normaux qui sont capables à la fois d’étudier et d’avoir accès à des écoles de formation, à des institutions d’enseignement supérieur, mais surtout aussi d’avoir un parcours assez important qui nous tient beaucoup à cœur, un parcours entrepreneurial ».
Jusqu’ici limitée aux centres de formation professionnelle et aux écoles régionales d’arts et métiers, l’offre éducative guinéenne intègre désormais la dimension du « lycée technique ». Cette nouvelle structure se veut hybride.
Pour maximiser l’impact de cette « révolution verte », le déploiement de ces infrastructures se fera autour de quatre localités clés, choisies pour devenir les vitrines technologiques de leurs régions respectives :
• Bordo (Kankan)
• Baladou (Guéckédou)
• Koundara
• Macenta
« C’est la première fois que l’on va voter un accord finançant des lycées agricoles en Guinée. Pour l’instant, nous n’en avons pas », a martelé le ministre Barry devant les conseillers nationaux, soulignant l’urgence de familiariser les élèves avec les itinéraires agricoles et les laboratoires dès le cycle secondaire.
Le défi de l’exécution
Si la ratification de l’accord avec la Banque d’Investissement et de Développement de la CEDEAO (BIDC) constitue une victoire politique majeure, le plus dur reste à faire sur le terrain. Le succès de cette mutation reposera sur la qualité des équipements de pointe promis et sur la capacité du pays à transformer ces futurs diplômés en véritables moteurs de croissance.
En misant sur le format « lycée technique », la Guinée fait le pari d’une autonomie renforcée. À l’heure où la souveraineté alimentaire est au cœur des agendas africains, le pays prépare sa relève : une jeunesse armée de savoir technique et d’ambition industrielle pour réinventer le métier d’agriculteur.
Naby Camara

















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