Advertisement

Partenariats Public-Privé : le MCENI forme ses cadres pour accélérer les projets numériques

Le ministère de la Communication et de l’Économie numérique (MCENI) a bouclé une session de formation intensive consacrée aux Partenariats Public-Privé (PPP), un mécanisme devenu incontournable pour financer et développer les infrastructures numériques.

Organisé en collaboration avec la Banque mondiale, ce module de dix jours s’inscrit dans le cadre du projet WARDIP-MCENI, qui vise à renforcer les compétences techniques du personnel ministériel.

Dirigée par l’expert tunisien Azar Ata, la formation a permis aux cadres du MCENI d’explorer en profondeur le cycle de vie d’un PPP, depuis la conception du projet jusqu’à la soutenance finale devant un jury simulé. L’objectif : doter les équipes de la capacité à structurer, négocier et piloter des projets complexes impliquant des opérateurs privés.

Clarifier un outil souvent mal compris
Au fil des sessions, les participants ont revisité les fondamentaux du PPP, un modèle encore source de confusion dans l’administration publique.

L’expert a rappelé que le PPP n’est pas un marché public, car l’opérateur privé porte la majorité des risques ; le PPP n’est pas une privatisation, l’État restant propriétaire des infrastructures ; le PPP n’est pertinent que s’il apporte une valeur ajoutée mesurable pour la collectivité.

Les cadres ont également étudié les différents types de contrats, du simple affermage aux modèles plus complexes comme le BOT (Build-Operate-Transfer) ou le DBFO (Design-Build-Finance-Operate). Des exemples concrets en Guinée, tels que le déploiement de la 4G en zone rurale ou le projet de Data Center national, ont illustré ces mécanismes.

Quatre piliers pour réussir un PPP

La formation a mis en avant quatre conditions essentielles pour mener à bien un projet PPP : un cadre juridique solide, garantissant la sécurité des investissements ; l’inspiration des bonnes pratiques régionales, notamment celles de la Tunisie ; une gouvernance institutionnelle fluide, impliquant le MCENI, l’ARPT et le MEF ; une ingénierie contractuelle rigoureuse, avec une allocation optimale des risques et des niveaux de service stricts.

Les participants ont également été initiés aux principaux outils financiers utilisés dans les montages PPP, tels que le TRI, le DSRA ou les garanties de la MIGA.

À l’issue de la formation, les cadres ont été évalués à travers un questionnaire technique validant leur compréhension des concepts et des outils de négociation. Pour le MCENI, cette montée en compétences représente un atout majeur : elle permettra au ministère de mieux défendre les projets numériques stratégiques de la Guinée et d’accélérer leur mise en œuvre.
Avec cette initiative, le MCENI confirme sa volonté de professionnaliser ses équipes et de s’aligner sur les standards internationaux en matière de gestion des infrastructures publiques.

Abdoulaye Alseny Bangoura
Aïssata Bilivogui

Leave a Reply

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *