À Dar-es-Salam, en périphérie de Conakry, la décharge d’ordures dicte sa loi au quotidien. Les enfants, dont l’organisme est particulièrement vulnérable, se trouvent en première ligne face aux fumées toxiques, aux émanations nauséabondes et à l’amoncellement des déchets. Entre atteintes à la santé, répercussions sur la scolarité et dangers permanents, leur enfance se déroule sous la menace constante de la pollution.
Chaque matin, une épaisse fumée s’élève au-dessus du site. Pour les riverains les plus jeunes, respirer de l’air pur relève de l’illusion. La combustion des matières libère des gaz toxiques responsables de pathologies respiratoires chroniques : toux persistantes, crises d’asthme, infections pulmonaires et irritations oculaires. Les structures sanitaires locales accueillent continuellement des mineurs touchés par ces affections.
« La plupart des patients que nous recevons ici sont des enfants », constate le docteur Ousmane Kanté, médecin généraliste. « Les cas les plus fréquents concernent la toux sèche, la sinusite et, parfois, des infections pulmonaires sévères que nous orientons vers l’hôpital Donka. La fumée nuit gravement à leur santé, et respirer cet air nocif peut compromettre leur avenir respiratoire à long terme. »
Au-delà du volet sanitaire, cette situation pèse lourdement sur la scolarité. Les nuits, rythmées par les odeurs pestilentielles et les fumées suffocantes, nuisent à la qualité du sommeil. Épuisés ou souffrants, certains élèves peinent à se concentrer en classe, tandis que d’autres enchaînent les absences.
« Faute d’espaces de loisirs, les enfants jouent sur les tas d’ordures à longueur de journée », déplore Aïssatou Bah, mère de famille. « La nuit, certains brûlent des pneus, et nous subissons ces fumées. Mes enfants tombent sans cesse malades. Respirer ces odeurs fragilise leur santé et perturbe leur scolarité », déplore-t-elle.
À ces nuisances s’ajoute la prolifération des vecteurs de maladies — mouches, moustiques et rongeurs -encouragée par l’accumulation continue des rebuts. Ce cocktail sanitaire aggrave la précarité des familles riveraines.
Face à cette impasse, les habitants réitèrent leurs appels en faveur de la fermeture ou de la délocalisation du dépotoir, espérant des mesures concrètes des pouvoirs publics pour préserver la jeunesse locale.
À Dar-es-Salam, la décharge ne constitue pas seulement un défi environnemental : elle représente une urgence sanitaire et sociale. Protéger ces enfants demeure un impératif pour l’avenir.
Mariama Youmé Diallo
Étudiante stagiaire

















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