Une mission de plaidoyer et de sensibilisation de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) séjourne en Guinée du 23 au 24 juin 2026 dans le cadre de la troisième phase du Programme de fourniture de dispositifs d’assistance aux enfants en situation de handicap.
Lancée en 2024, la première phase du programme avait ciblé le Nigeria et le Togo. À la suite des recommandations formulées lors de la première réunion des ministres en charge de l’inclusion des personnes handicapées, tenue à Abuja en juin 2024, la Commission de la CEDEAO a approuvé la troisième phase du projet pour une mise en œuvre en 2026 dans trois pays : la Gambie, le Sénégal et la Guinée.
Selon une étude régionale sur l’inclusion du handicap dans l’espace CEDEAO, des millions d’enfants vivent avec un handicap à travers le monde. L’UNICEF estime par ailleurs qu’environ 15 % des enfants âgés de 0 à 17 ans vivent avec un handicap en Afrique de l’Ouest et du Centre.
Contrairement aux autres enfants, ces derniers font souvent face à la marginalisation, à la discrimination et à un accès limité aux services essentiels tels que l’éducation, les soins de santé et les opportunités d’épanouissement personnel. Cette situation persiste malgré les engagements internationaux en faveur de la protection des droits de l’enfant.
Pour répondre à ces défis, la Commission de la CEDEAO a alloué un budget de 300 000 dollars américains à cette troisième phase du programme. Celui-ci vise à promouvoir l’inclusion sociale des enfants handicapés et à réduire leur vulnérabilité grâce à l’acquisition et à la distribution de technologies d’assistance.
Le projet sera mis en œuvre en collaboration avec le ministère en charge de l’Action sociale ainsi que les organisations représentatives des personnes handicapées.
Des technologies essentielles pour l’autonomie des enfants
Chargé des plaidoyers à la Fédération des personnes handicapées de Guinée, Ousmane Diané a salué cette initiative qu’il juge particulièrement opportune.
« Ce programme de la CEDEAO arrive à point nommé. Il vise à fournir des technologies d’assistance aux personnes en situation de handicap, notamment aux enfants. Aujourd’hui, nous constatons que beaucoup d’entre eux n’ont pas accès à ces équipements pourtant indispensables », a-t-il déclaré.
Selon lui, ces technologies comprennent notamment des fauteuils roulants, des tricycles adaptés, des prothèses, des appareils auditifs, des amplificateurs de son ainsi que des tablettes adaptées aux différents types de handicap.
« Les enfants déficients visuels ont besoin de cannes blanches et d’outils numériques adaptés pour apprendre. Toutes ces technologies leur permettent de mieux s’intégrer dans la société, de poursuivre leur scolarité et de s’épanouir dans leur environnement d’apprentissage », a-t-il ajouté.
Une initiative saluée par les acteurs du handicap
Président de la Fédération guinéenne des personnes handicapées, François Dopavogui a également exprimé sa satisfaction quant à la tenue de cet atelier.
« Lorsqu’il s’agit des personnes handicapées, et particulièrement des enfants, toute initiative visant leur inclusion est importante. Cette rencontre nous a permis d’échanger avec les différents acteurs et de mieux faire comprendre les préoccupations de notre communauté », a-t-il souligné.
Pour lui, l’inclusion implique que tous les secteurs de la vie nationale prennent en compte les besoins spécifiques des personnes handicapées dans les politiques publiques et les programmes de développement.
La nécessité d’investir dans les données et les ressources
De son côté, Abinbolla Oyelon, directrice des Affaires humanitaires et sociales de la CEDEAO, a insisté sur l’importance des échanges qui ont marqué l’atelier.
« Les discussions ont montré que les autorités gouvernementales doivent renforcer la mobilisation des ressources destinées aux personnes handicapées. Elles doivent également investir davantage dans la collecte de données fiables », a-t-elle indiqué.
Selon elle, des statistiques précises permettront de mieux comprendre les réalités vécues par les personnes handicapées et d’orienter efficacement les politiques publiques en leur faveur.
« Aujourd’hui encore, de nombreuses personnes vivant avec un handicap demeurent invisibles dans nos systèmes. Les autorités doivent agir en mobilisant davantage de ressources techniques et financières, mais aussi en s’assurant que les données collectées soient effectivement utilisées pour améliorer leur situation », a-t-elle conclu.
Thierno Kalifatou Doumbouya

















Leave a Reply