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Tannerie Marché : le cri du cœur des fidèles pour leur mosquée

À quelques pas de l’autoroute Fidèle Castro, la mosquée du quartier Tannerie Marché demeure un chantier à ciel ouvert. Malgré la mobilisation constante de la communauté locale, le manque de moyens financiers bloque l’achèvement des travaux, plongeant les fidèles dans une précarité grandissante.


C’est un édifice imposant mais meurtri par le temps qui se dresse au cœur de Yimbaya Tannerie Marché. Si les murs sont debout, le spectacle à l’intérieur est celui d’un espoir en suspens : sol poussiéreux, fils électriques dénudés et charpente vulnérable aux intempéries. Depuis plusieurs années, ce lieu de culte, pourtant vital pour le quartier, peine à sortir de l’inachevé.

Un quotidien entre ferveur et précarité

​Le contraste est frappant. Chaque jour, des centaines de fidèles affluent pour les cinq prières quotidiennes, mais les conditions d’accueil sont loin d’être dignes.

​« Pendant la saison des pluies, c’est un calvaire. L’eau s’infiltre, le sol devient boueux et nous devons slalomer entre les flaques pour prier », confie un habitué des lieux.

​L’absence de carrelage et d’une installation électrique sécurisée rend l’exercice du culte particulièrement difficile, surtout lors des prières nocturnes où l’obscurité et l’humidité pèsent sur l’atmosphère.

​Le point d’orgue de cette crise survient chaque vendredi. L’espace intérieur étant trop exigu pour contenir la foule, des dizaines de fidèles se voient contraints de s’installer à l’extérieur. Faute de parvis aménagé, certains se retrouvent à prier en bordure de la route nationale, exposés aux gaz d’échappement, au soleil de plomb et, plus grave encore, à la proximité immédiate de la circulation automobile.

La solidarité locale à bout de souffle

​Jusqu’ici, la mosquée ne vit que par la générosité des riverains. « Chaque vendredi, nous organisons une collecte. Chacun donne ce qu’il peut : 500, 1 000 ou 5 000 francs guinéens », explique un membre du comité de gestion. Mais face au coût des matériaux de construction et de la main-d’œuvre spécialisée, ces contributions symboliques ne suffisent plus.


L’appel aux bonnes volontés

Pour l’Imam de la mosquée, l’enjeu dépasse le simple cadre du bâtiment. Il s’agit de la dignité d’une communauté: ​« Terminer cette mosquée, c’est offrir un cadre digne pour la prière et l’éducation religieuse de nos enfants. Nous lançons un appel pressant aux personnes de bonne volonté, aux mécènes et aux organisations caritatives. »

​À Yimbaya Tannerie Marché, l’espoir ne s’éteint pas. Les fidèles continuent de croire qu’un élan de générosité viendra enfin transformer ce chantier de béton en un véritable havre de paix et de recueillement.

Mohamed Bangoura

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