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Commerce informel : une bouée de survie pour des milliers de femmes

Dans les marchés, les rues et les quartiers populaires de Conakry comme à l’intérieur du pays, des milliers de femmes guinéennes vivent aujourd’hui du commerce informel. Vente de légumes, poissons fumés, friperie, condiments ou petits articles ménagers : ces activités représentent souvent leur seul moyen de subsistance face au chômage et à la précarité.

Selon plusieurs études économiques, le secteur informel domine largement l’économie guinéenne et constitue un refuge pour de nombreuses personnes sans emploi stable. Près de 80 % des emplois seraient concentrés dans l’économie informelle, avec une forte présence des femmes dans les activités commerciales de proximité.

Chaque matin, dans les marchés de Conakry, des femmes s’installent dès l’aube derrière leurs étals improvisés. Pour beaucoup, ce commerce n’est pas un choix, mais une nécessité. Le manque d’emplois formels, la hausse du coût de la vie et les difficultés économiques poussent de nombreuses mères de famille à créer de petites activités génératrices de revenus.

« Sans ce petit commerce, je ne peux pas nourrir mes enfants », témoigne Fatoumata Yarie Bangoura, vendeuse de légumes au marché de Coléah. « Nous nous débrouillons chaque jour pour survivre. »

Des économistes expliquent que le commerce informel joue un rôle social majeur dans le pays. Il permet à des milliers de ménages de faire face aux dépenses quotidiennes malgré l’absence de sécurité sociale ou d’emploi stable. Toutefois, ces activités restent fragiles et exposées à de nombreuses difficultés : absence de financement, manque d’infrastructures, insécurité, pression fiscale et faible accès aux crédits bancaires.

Une étude publiée en 2024 sur les pratiques d’épargne et de crédit des femmes du secteur informel montre que beaucoup de commerçantes utilisent les tontines, les prêts solidaires ou les gardes-monnaie informels pour financer leurs activités, faute d’accès au système bancaire classique.

Le chômage demeure également un défi important pour la jeunesse guinéenne. Les statistiques du marché du travail révèlent une augmentation du nombre de demandeurs d’emploi et une insertion professionnelle encore limitée, particulièrement chez les femmes et les jeunes diplômés.

Malgré ces difficultés, les femmes du secteur informel continuent de faire vivre l’économie locale. Elles approvisionnent les marchés, soutiennent leurs familles et participent activement à la stabilité sociale du pays.

Pour plusieurs observateurs, l’amélioration des conditions de travail de ces femmes passe par des politiques publiques plus adaptées : accès au microcrédit, modernisation des marchés, protection sociale et programmes de soutien à l’entrepreneuriat féminin.

Dans un contexte économique difficile, le commerce informel reste ainsi, pour de nombreuses femmes guinéennes, une véritable stratégie de survie et un symbole de résilience.

« Je m’appelle Ibrahima Sylla, commerçant au marché depuis plus de dix ans. Aujourd’hui, beaucoup de familles vivent grâce au commerce informel parce qu’il n’y a pas assez d’emplois. Ici, chacun essaie de se débrouiller pour gagner quelque chose à la fin de la journée.

Nous voyons beaucoup de femmes venir vendre de petits produits pour nourrir leurs enfants. Certaines arrivent très tôt le matin et repartent tard le soir sans être certaines d’avoir fait assez de bénéfices. Malgré cela, elles continuent avec courage.

Le commerce informel aide énormément les familles guinéennes, mais les difficultés sont nombreuses : manque de place dans les marchés, taxes élevées, problèmes d’insécurité et absence de soutien financier. Beaucoup de commerçants n’ont pas accès aux banques ou aux crédits pour développer leurs activités.

Si les autorités investissent davantage dans les marchés et accompagnent les petits commerçants, cela pourrait réduire la pauvreté et aider beaucoup de jeunes à trouver une activité digne. »

Ibrahima Sory Bangoura

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