Pour améliorer la connectivité de la Guinée, à l’instar des autres pays de la sous-région ouest-africaine, le ministère de la Communication, de l’Économie numérique et de l’Innovation, à travers la Guinéenne de Large Bande (GUILAB), a procédé, ce mercredi 6 avril 2026, à la signature de l’accord de construction et de maintenance du projet MEDUSA Africa.

Cette cérémonie de signature, qui s’est déroulée sous la présidence du Premier ministre, chef du Gouvernement, Amadou Oury Bah, a connu la présence de plusieurs ministres et conseillers à la Présidence de la République, notamment Mamadou Angelo Diallo, délégué de l’unité d’exécution du programme Simandou 2024, le ministre de la Communication, de l’Économie numérique et de l’Innovation, Mourana Soumah, la ministre de l’Environnement, Djami Diallo, ainsi que des directeurs généraux et cadres du département du MCENI.
Dans son allocution, le ministre de la Communication, de l’Économie numérique et de l’Innovation, Mourana Soumah, a d’abord rendu un vibrant hommage au Chef de l’État, Mamadi Doumbouya, pour sa vision claire et constante qui place le numérique au cœur de la transformation économique de la Guinée.

« dès ma prise de fonction au début du mois de février, j’ai fait du projet « MEDUSA » une priorité immédiate. Suite au diagnostic d’ensemble que j’ai fait sur le département, j’ai vu qu’on courait un grand risque. Ce risque, on me dit qu’on n’a qu’un seul câble sous-marin. Je me dis bien, ça veut dire qu’on est totalement exposé. On est vulnérable au cas où ce câble sous-marin arriverait à connaître un facteur d’érosion climatique ou d’autres attaques à travers les fonds marins. Donc nous avons… j’ai fait une mission à Barcelone pour engager des échanges directs avec les équipes du projet afin de lever les points et accélérer les décisions », a-t-il expliqué.
Poursuivant son intervention, le ministre a rappelé que plusieurs pays de la sous-région seraient en avance sur la Guinée en matière de développement de câbles sous-marins, notamment la Côte d’Ivoire, qui en a 5, le Sénégal, qui en a 4, le Kenya, qui en a 7, et la Guinée, qui n’a qu’un seul câble sous-marin, aujourd’hui saturé à 98 %.
« Vous voyez combien de fois c’est un facteur de risque et il est plus qu’utile et nécessaire de chercher au moins à doubler ce câble sous-marin, et pour qu’on puisse aller jusqu’à 4 ou 5, pour une question de couverture de l’ensemble des risques », a martelé le ministre Mourana Soumah.

Pour sa part, le Directeur général de la GUILAB, Ahmed Karifa Diawara, a affirmé : « Il y a près de 13 ans, la Guinée accueillait son premier câble sous-marin, S. Africa Coast to Europe. C’était, à l’époque, un saut historique.
C’était pour la première fois que notre pays disposait d’une connexion directe à fibre optique avec le reste du monde. L’appétit numérique d’une nation ne cesse jamais de croître. Les usages se multiplient. Les contenus deviennent plus lourds. Le streaming, le cloud, les visioconférences professionnelles, l’intelligence artificielle, les services bancaires en ligne, la téléphonie sur IP, la fiscalité dématérialisée, l’éducation à distance… Tout, désormais, passe par la fibre. La conséquence est si rapide. Notre unique câble sous-marin arrive aujourd’hui à un seuil critique de sollicitations », a-t-il affirmé.
Pour mettre un terme à ses propos, le DG de la GUILAB a salué l’engagement des partenaires de MEDUSA pour la matérialisation du projet, avant de réaffirmer l’engagement de sa direction à mettre toute son expertise et toute sa détermination en faveur de l’avancement des activités du deuxième câble sous-marin de la Guinée.
M. Bertrand, directeur général adjoint de MEDUSA Africa, a indiqué que l’étape de Conakry sera une phase clé pour leur projet, avant de préciser que le projet MEDUSA Africa est un système de câbles de nouvelle génération. « C’est une plateforme neutre pour les opérateurs et pour les écosystèmes », dit-il.
De son côté, le Premier ministre, chef du Gouvernement, Amadou Oury Bah, a salué l’initiative du projet qui, selon lui, vise à renforcer la connectivité de la Guinée, mais aussi à sécuriser désormais les données du pays.
« Merci d’avoir engagé la procédure pour que nous soyons là aujourd’hui. C’est une question de sécurité nationale. Et c’est une urgence, surtout dans ce monde qui est de plus en plus particulièrement perturbé et dangereux », a-t-il laissé entendre.
Sylla Ibrahima Kalil

















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