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Journée internationale de la liberté de la presse 2026 : « Façonner un avenir en paix »

{Le journalisme indépendant n’est pas seulement un métier d’information : il est un acteur central de la stabilité sociale}.

Le 3 mai 2026, journée internationale de la liberté d’expression, coïncide avec le 123e jour de l’année 2026. Cette journée souligne l’importance d’une presse libre et indépendante pour la démocratie, face aux défis de la désinformation et à la nécessité de protéger les journalistes en période de crise.

Ainsi, chaque journée internationale représente une occasion d’informer le public sur des thèmes liés à des enjeux majeurs, tels que les droits fondamentaux, le développement durable ou la santé. Ces journées permettent au système des Nations Unies, aux pouvoirs publics et à la société civile d’organiser des activités de sensibilisation et de mobiliser des ressources.

Cette date rappelle aussi aux gouvernements la nécessité de respecter leurs engagements en faveur de la liberté de la presse. C’est également une journée de réflexion entre professionnels des médias sur les questions de liberté de la presse et d’éthique professionnelle. Elle constitue aussi une occasion de célébrer les principes fondamentaux de la liberté de la presse, d’évaluer son état à travers le monde, de défendre l’indépendance des médias et de rendre hommage aux journalistes qui ont perdu la vie dans l’exercice de leur profession.

Mme Hassatou Lamarana Bah (journaliste-écrivaine), fondatrice du site d’information www.actualitefeminine, s’exprime sur l’importance du 3 mai et la place de la femme dans l’exercice du métier de journalisme :

« La journée internationale de la liberté d’expression représente pour nous, hommes de médias, une journée de réflexion, de prise de conscience, et nous permet également d’échanger et de faire une mise au point de ce qui a marché et de nous focaliser sur les défis qui restent à relever dans le métier de journalisme. Aujourd’hui, le constat est très, très alarmant avec l’avancée significative des nouvelles technologies. Car beaucoup de personnes utilisent les réseaux sociaux comme canaux de communication pour diffuser n’importe quelle information. Mais nous, qui sommes des professionnels et qui avons suivi des formations en journalisme, nous sommes différents des autres (les blagueurs, les influenceurs), connaissant l’éthique et la déontologie du métier de journaliste. C’est à nous de pouvoir changer la donne afin de transmettre des informations vérifiées, crédibles et bien traitées à nos lecteurs, auditeurs et téléspectateurs, qui nous considèrent et nous font confiance.
En pointant du doigt l’implication des femmes, c’est une satisfaction pour Mme Hassatou Lamarana Bah en tant que responsable d’un groupe de presse. Aujourd’hui, plusieurs femmes se démarquent et occupent des postes de responsabilité dans nos rédactions. Nous avons également des patronnes de médias, une grande représentation dans les institutions, sur le terrain et même dans les campagnes avec des reportages de rigueur et de grande valeur. Donc, c’est une grande avancée en République de Guinée. »

Pour parler des enjeux et des défis liés à la liberté d’expression, lire la version de Sieur Bah, journaliste à La Traite : « Le journalisme indépendant est souvent présenté comme un pilier essentiel de la paix et de la résilience démocratique, parce qu’il joue un rôle de médiateur entre le pouvoir, les institutions et les citoyens. Dans une société démocratique, l’information n’est pas seulement un produit : elle est un bien public qui permet aux individus de comprendre leur environnement, de faire des choix éclairés et de participer activement à la vie collective. Lorsque cette information est libre, vérifiée et non contrôlée par des intérêts politiques ou économiques, elle devient un outil de stabilité plutôt qu’un instrument de manipulation.
D’abord, le journalisme indépendant contribue directement à la prévention des conflits en exposant les faits de manière équilibrée et en donnant la parole aux différentes parties prenantes. Il réduit les risques de désinformation et de rumeurs, souvent déclencheurs de tensions sociales ou politiques. Dans des contextes fragiles, une information biaisée ou propagandiste peut facilement attiser les divisions ethniques, religieuses ou politiques. À l’inverse, un journalisme rigoureux favorise la compréhension mutuelle et aide à désamorcer les incompréhensions avant qu’elles ne dégénèrent en crise.
Ensuite, il constitue un instrument de contrôle du pouvoir. En enquêtant sur les décisions publiques, les abus, la corruption ou les dérives autoritaires, les journalistes indépendants participent à la transparence de la gouvernance. Cette fonction de « contre-pouvoir » est essentielle pour maintenir l’équilibre démocratique. Lorsque les citoyens savent que les actions des dirigeants peuvent être observées, analysées et rendues publiques, cela crée un effet dissuasif contre les abus et encourage une gestion plus responsable des affaires publiques.
Par ailleurs, le journalisme indépendant renforce la confiance des citoyens dans les institutions. Une démocratie solide repose sur un minimum de confiance entre gouvernants et gouvernés. Cette confiance ne peut exister que si l’information circule librement et de manière crédible. Lorsque les médias sont perçus comme honnêtes et non partisans, ils deviennent des espaces de dialogue et de construction du consensus social. À l’inverse, lorsque les médias sont perçus comme instrumentalisés, la méfiance grandit, ce qui fragilise la cohésion nationale.
Il joue également un rôle crucial dans l’éducation civique. En expliquant les lois, les politiques publiques ainsi que les enjeux économiques et sociaux, le journalisme indépendant aide les citoyens à mieux comprendre leurs droits et leurs responsabilités. Cette fonction pédagogique est indispensable dans les sociétés où l’accès à l’éducation formelle est limité. Une population bien informée est plus à même de participer aux débats publics de manière constructive et pacifique.
Enfin, le journalisme indépendant favorise la résilience démocratique, c’est-à-dire la capacité d’un système politique à résister aux crises et à se reconstruire après des périodes de tension. En documentant les événements, en conservant la mémoire des faits et en offrant une pluralité de points de vue, il permet aux sociétés de tirer des leçons de leurs erreurs et d’éviter leur répétition. Même en période de crise politique ou sociale, il constitue un espace de continuité de l’information et du débat public.
En somme, le journalisme indépendant n’est pas seulement un métier d’information : il est un acteur central de la stabilité sociale. En garantissant la transparence, en luttant contre la désinformation et en renforçant la participation citoyenne, il contribue à construire des sociétés plus pacifiques, plus justes et plus résilientes face aux défis démocratiques. »

Maïmouna Fria Bangoura

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