Dans le cadre du lancement des travaux de construction et de bitumage de la route nationale RN29 Faranah–Dabola, longue de 106 kilomètres, le Premier ministre Amadou Oury Bah a rappelé que la route ne saurait plus être perçue comme un instrument de domination coloniale, mais bien comme un levier essentiel de la souveraineté nationale et de l’unité territoriale à l’horizon 2028.
De passage à Dabola, ville carrefour entre la Haute-Guinée et le Fouta-Djallon, le chef du gouvernement a d’abord convoqué l’histoire afin de mieux mettre en lumière la rupture engagée. Il a souligné qu’autrefois, les infrastructures de transport étaient synonymes d’oppression.
« Nos ancêtres avaient peur de la route et du chemin de fer », a-t-il rappelé, précisant que ces voies servaient essentiellement à l’extraction et à l’exportation des richesses nationales.
Aujourd’hui, cette logique doit être inversée. Pour le Premier ministre, la route doit avant tout servir le Guinéen. Elle devient ainsi un outil de lutte contre la pauvreté et, surtout, le ciment d’une nation désormais appelée à être pleinement interconnectée.
Dans son message, Amadou Oury Bah a insisté sur le fait que la stabilité de la République de Guinée repose sur son centre. Évoquant le triangle stratégique Dabola–Faranah–Dinguiraye, il a plaidé pour que cette zone historique devienne le point de jonction des quatre points cardinaux du pays.
« Nous ne pouvons pas avoir de stabilité si l’axe central est la partie la plus délaissée », a-t-il martelé.
Pour le chef du gouvernement, l’interconnexion entre le Nord, le Sud, l’Est et l’Ouest n’est plus une option, mais une exigence à la fois de sécurité nationale et d’équité sociale.
Cap sur 2028 : vers un maillage territorial total
Une feuille de route rigoureuse a été assignée au ministère des Travaux publics. L’objectif est double : relier systématiquement chaque capitale régionale à ses préfectures et achever les grands axes structurants d’ici la fin de l’année 2028.
La route comme acte de souveraineté
S’adressant directement au ministre des Travaux publics, Amadou Oury Bah a élevé la construction d’infrastructures au rang d’acte patriotique majeur :
« Vous n’inscrivez pas simplement des routes, vous faites l’histoire de ce pays ».
En définitive, cette « refondation spatiale » vise à mettre fin aux discriminations territoriales. C’est dans cette optique que le Premier ministre estime que c’est par le bitume que la Guinée réaffirmera pleinement sa souveraineté sur l’ensemble de son territoire, en garantissant à chaque citoyen, où qu’il se trouve, un rôle actif dans le décollage économique attendu.
Naby Camara

















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