Samedi 20 décembre 2025, en déplacement dans la cité aurifère de Siguiri, Abdoulaye Yéro Baldé, leader de la Frondeg a fustigé le paradoxe de la « malédiction des ressources ». Entre promesse de rupture et ambition industrielle, il entend placer les populations locales au cœur du partage des richesses en transformant l’or sur place.

Le décor est planté : sous la chaleur de Siguiri, c’est une foule « digne et consciente » qui a accueilli la délégation du mouvement Frondeg. Mais derrière la ferveur des militants, une réalité sociale implacable a servi de fil conducteur au discours du candidat : le contraste saisissant entre la richesse du sous-sol et la précarité des habitants.
Siguiri, poumon économique de la Haute-Guinée, demeure le symbole d’un développement à deux vitesses. Pour Yero, ce décalage porte un nom : la malédiction des ressources. « Il est inacceptable que ceux qui marchent sur l’or soient les derniers à bénéficier de son éclat », a-t-il martelé lors de ses échanges avec les notables et la jeunesse. Le constat est sans équivoque : tout l’or quitte Siguiri, mais la région n’en tire presque aucun profit.
Face à cette injustice, le Président de la Frondeg propose une solution de rupture : la fin de l’exportation brute systématique. L’ambition est claire : faire de Siguiri la véritable capitale de l’or en Guinée. Le projet phare de son programme ? La construction d’une usine de transformation de l’or à Siguiri même.
« Notre projet de société est de faire bénéficier nos populations de l’immense richesse de leurs terres à travers la transformation locale et non l’exportation sans valeur ajoutée », a-t-il affirmé.
Cette usine permettrait de maintenir la richesse sur place, créant ainsi des emplois qualifiés et des revenus durables.
La « préférence locale »
Loin des promesses classiques, Yero a pris des engagements fermes sur trois axes majeurs. Il s’agit tout d’abord de la justice environnementale. Cest un respect strict des normes pour protéger les terres agricoles dévastées par l’exploitation.
Il y a ensuite la redistribution équitable. C’est une révision de l’allocation des redevances minières pour financer directement les infrastructures de base (santé, éducation).

Enfin, l’espoir par le travail. Il s’agit de faire de l’emploi local une obligation légale pour les compagnies opérant dans la région.
Un contrat de confiance vers 2025
En remerciant la population pour sa mobilisation massive, le candidat à la présidentielle de 2025 a scellé un pacte avec la cité aurifère. L’objectif est clair : transformer la richesse minérale en un moteur de dignité humaine.
Alors que la course pour la magistrature suprême s’accélère, l’étape de Siguiri confirme la réalité d’une soif d’alternance. Frondeg se positionne désormais comme le défenseur naturel des territoires oubliés par la croissance minière.
Jean-Marie Morgan

















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