La Guinée a commémoré ce lundi, 1er décembre 2025, la 37ᵉ Journée mondiale de lutte contre le SIDA, sous la présidence du Premier ministre, Amadou Oury BAH, lors d’une cérémonie organisée à Conakry.
Placée cette année sous le thème « Surmonter les perturbations, transformer la riposte au SIDA », la célébration a été l’occasion d’appeler à un engagement renouvelé pour intensifier la lutte contre le VIH, renforcer les systèmes de santé et combattre la stigmatisation.

Une situation épidémiologique maîtrisée, mais des disparités importantes
Selon le Secrétaire exécutif du Comité national de lutte contre le sida (CNLS), Dr Abass Diakité, la Guinée demeure confrontée à une épidémie « généralisée », avec une prévalence de 1,5 % dans la population générale. Les disparités selon le sexe restent marquées : 2,1 % chez les femmes, contre 1,2 % chez les hommes.
Les populations clés demeurent les plus exposées, avec des taux de prévalence très supérieurs à la moyenne nationale :
- 9,8 % chez les hommes ayant des rapports sexuels avec des hommes ;
- 4,9 % chez les professionnelles du sexe ;
- 3,5 % chez les hommes en uniforme ;
- 3,9 % chez les pêcheurs ;
- 2 % chez les personnes vivant avec un handicap ;
- 2,3 % chez les routiers ;
- 5,9 % chez les travailleurs miniers.
Pour le Dr Diakité, cette Journée mondiale constitue « un moment privilégié pour évaluer les acquis, identifier les obstacles persistants et renforcer l’engagement collectif afin de mettre fin à l’épidémie d’ici 2030 ».
Des défis encore majeurs
Malgré ces avancées, les acteurs reconnaissent que « le combat n’est pas gagné d’avance ».
Le représentant du système des Nations unies à cette cérémonie a mentionné la vulnérabilité des jeunes femmes et les difficultés persistantes d’accès au dépistage et au traitement dans certaines localités.
La lutte contre la stigmatisation demeure également un enjeu central, car elle freine fortement la prise en charge précoce et l’adhésion au traitement. Il a réaffirmé l’engagement des partenaires aux côtés de la Guinée pour atteindre les objectifs de lutte contre le SIDA.
Des avancées significatives dans la prise en charge
Les autorités sanitaires ont rappelé les progrès réalisés ces dernières années grâce aux efforts conjoints du Gouvernement et de ses partenaires.
Le ministre de la Santé et de l’Hygiène publique, Dr Oumar Diouhé Bah, a annoncé que 101 000 patients étaient sous traitement antirétroviral au premier semestre 2025, contre 98 000 en décembre 2024.
Ajoutant que dans le cadre de la prévention de la transmission mère-enfant, 303 999 femmes enceintes ont été dépistées durant le premier semestre 2025, sur 328 442 reçues en consultation prénatale.
Toujours en 2024, 3 682 femmes enceintes ont été testées positives, parmi lesquelles 3 148 ont été mises sous traitement, un progrès qui contribue à limiter les nouvelles infections chez les enfants.
Les chiffres montrent également une réduction notable des nouvelles infections, passées de 9 495 en 2014 à 4 723 en 2024. Les décès liés au VIH ont eux aussi diminué, passant de 5 529 en 2013 à 4 333 en 2024.
Dans son allocution, le Premier ministre a rappelé que, malgré 37 ans de mobilisation, le VIH « demeure une réalité qui continue d’affecter et de fragiliser des milliers de vies ». Il a insisté sur le fait que la persistance de l’épidémie n’est plus seulement liée au virus lui-même, mais à la stigmatisation et aux obstacles qui entravent l’accès aux soins et la prévention. Pour le chef du Gouvernement, vaincre le VIH suppose une transformation profonde des approches, une synergie accrue et l’abandon de tous les préjugés qui freinent la lutte.
Le Chef du gouvernement a enfin exhorté les partenaires, les institutions et les communautés à « poursuivre, avec lucidité et détermination, la bataille contre le VIH. Il a rappelé que seule une mobilisation collective permettra à la Guinée de respecter son ambition : mettre fin au sida comme menace de santé publique d’ici 2030.

Alhassane Barry

















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