La ville des agrumes, Kindia, abrite ce mardi 12 août un atelier de renforcement des capacités des journalistes sur l’exploitation, le harcèlement et les abus sexuels. C’est un établissement local qui sert de cadre à cette rencontre autour d’une thématique d’une brûlante actualité.
Dès l’ouverture, Issiaga Konaté, administrateur national chargé de la promotion de la santé et de la communication au Bureau de l’OMS-Guinée, a planté le décor : « L’atelier qui nous réunit aujourd’hui porte sur la prévention et la réponse à l’exploitation, au harcèlement et aux abus sexuels. Il s’inscrit dans le cadre des programmes de l’Organisation mondiale de la santé et du système des Nations Unies pour la protection du genre et de la dignité humaine. »
Il a souligné que dans les situations d’urgence, certains acteurs humanitaires abusent de la vulnérabilité des communautés, notamment des jeunes filles et des femmes, en échange de services rendus.« Des cas réels d’exploitation, de harcèlement et d’abus sexuels ont été documentés dans plusieurs pays lors d’interventions d’urgence. »
Au-delà des contextes d’urgence, ces abus persistent dans les milieux professionnels et institutionnels. « C’est pourquoi l’OMS applique une politique de tolérance zéro envers toute forme de harcèlement, d’exploitation ou d’abus sexuels, quelle qu’en soit l’origine ou l’auteur », a-t-il ajouté.
Issiaga Konaté a également insisté sur le rôle des journalistes dans la sensibilisation des communautés : « Les populations doivent être informées de leurs droits pour pouvoir se les approprier et se protéger contre toute forme de violence sexuelle. »
De son côté, Dr Moussa Soumah, directeur du Service national de promotion de la santé au ministère de la Santé, a souligné l’importance de cette mobilisation : « Nous sommes tous témoins de la récurrence de ces problématiques. En tant que professionnels de santé, nous devons nous unir pour aider les communautés directement touchées. »
Il a rappelé que les journalistes sont des relais essentiels pour faire passer les messages et éveiller les consciences : « C’est à travers vous que nous pourrons sensibiliser efficacement nos communautés. »
Le ministère de la Santé, selon lui, a déjà pris des dispositions pour répondre à ces situations. « Une fois formés, vous devez diffuser largement les enseignements de cette formation pour que les communautés s’en emparent. »
Aminata Keita, conseillère chargée de la prévention pour une réponse à l’exploitation, aux abus et au harcèlement (PRSEAH), a présenté les distinctions entre ces trois notions souvent confondues.« Il est essentiel de comprendre les différences entre exploitation, abus sexuel et harcèlement pour mieux les combattre. »
Le débat, d’un niveau élevé, a permis aux participants de s’impliquer activement dans la lutte contre ces pratiques néfastes à l’intégrité des femmes et des jeunes filles. Avant la pause, des groupes de travail ont abordé des thèmes comme l’exploitation des adolescents, les abus sexuels et le harcèlement.
L’après-midi a été consacré à des exercices sur les notions de pouvoir et de PRSEAH, suscitant des discussions animées mais constructives pour une meilleure compréhension.
Jean M Morgan
















Leave a Reply