Le monde culturel guinéen est en deuil suite à la disparition d’Aïcha Deen Magassouba. La dramaturge, comédienne et conteuse de renom s’est éteinte dans la nuit de lundi à mardi à l’hôpital de l’Amitié sino-guinéenne de Kipé, à Conakry. Son décès marque la fin d’un chapitre pour le théâtre guinéen, auquel elle a consacré sa vie, laissant derrière elle un héritage artistique et une génération d’artistes qu’elle a formés avec passion et rigueur.
Née en Guinée, Aïcha Deen Magassouba a rapidement fait de l’art son cheval de bataille. Elle voyait le théâtre comme un puissant outil de sensibilisation et de transformation sociale. Cet engagement l’a menée à prendre les rênes de la Troupe Nationale du Théâtre de Guinée en 1990. Sous sa direction, la troupe est devenue une véritable école de formation, où les jeunes artistes étaient encouragés à utiliser leur voix pour aborder des thèmes de société. La mauvaise gouvernance, les violences sociales ou encore la lutte contre le paludisme étaient au cœur de leurs créations, témoignant de l’engagement profond de la dramaturge.
Son rôle de formatrice est sans doute l’une de ses plus grandes contributions. Infatigable, elle a transmis son savoir-faire à de nombreuses générations de comédiens, contribuant ainsi de manière significative à la professionnalisation du théâtre guinéen.
Une artiste au rayonnement international
Aïcha Deen Magassouba a également su faire rayonner la culture guinéenne bien au-delà de ses frontières. En représentant son pays dans plusieurs festivals internationaux, elle a suscité l’admiration de nombreux publics. Sa participation au Festival International du Théâtre de Béjaïa en Algérie, est un exemple de l’impact qu’elle a eu sur la scène internationale, où elle était saluée pour son charisme et la puissance de ses interprétations.
Parmi ses œuvres marquantes, on retient sa participation à la pièce « L’Anniversaire », saluée pour sa profondeur sociale. Elle a également joué dans « Vivre pour t’aimer » en 2022 et « Légitime défense » en 2019, prouvant sa présence constante sur les planches.
Aujourd’hui, alors que la Guinée pleure sa disparition, son œuvre, sa vision d’un théâtre comme levier de conscience et de changement, et la troupe qu’elle a façonnée demeurent. Le nom d’Aïcha Deen Magassouba restera à jamais gravé dans l’histoire culturelle de la Guinée.
Paix à son âme à l’âme de cette icone des planches.
Mohamed Dramé

















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