Ce vendredi 1er août 2025, le Ministère des Postes, des Télécommunications et de l’Économie Numérique (MPTEN) s’est associé à la douleur de la famille, des proches et de toute la communauté nationale pour rendre un ultime hommage à Monsieur Ibrahima Kalil KEIRA, Directeur Général Adjoint de l’Agence Nationale de Sécurité des Systèmes d’Information (ANSSI), tragiquement décédé lors des inondations survenues le 31 juillet à Nongo.

À cette occasion, de hautes personnalités de l’administration publique ont honoré de leur présence cette cérémonie empreinte d’émotion, notamment :
– Madame Maïmouna Yombouno, Vice-présidente du Conseil National de la Transition (CNT)
– Madame Charlotte Daffé, Ministre de la Promotion Féminine, de l’Enfance et des Personnes Vulnérables
– Des cadres de l’ARPT et du MPTEN
– Elhadj Abdoulaye Diaby, représentant du Ministre Secrétaire Général des Affaires Religieuses, accompagné de membres régionaux de la Ligue Islamique
Discours de circonstance de Madame la Ministre Rose Pola Pricemou :
Je prends la parole aujourd’hui pour rendre hommage à un homme d’exception : un collègue, un frère, un patriote, un pilier de notre écosystème numérique, fauché bien trop tôt par les intempéries qui ont endeuillé notre capitale.

Ibrahima Kalil Keira était un cadre brillant, un esprit vif, une âme profondément humaine. Il avait fait le choix rare et noble de quitter le confort d’une vie en France pour revenir servir son pays.
En rejoignant, en 2022, notre ministère, et plus précisément l’Agence Nationale de Sécurité des Systèmes d’Information, il n’est pas venu pour chercher une place, mais pour bâtir, pour contribuer. Dès son arrivée, il s’est imposé par sa rigueur, sa discrétion, son efficacité, mais surtout par cette chaleur humaine qui le rendait unique. Il s’est rapidement intégré, mobilisé, et a constitué autour de lui une équipe engagée, fidèle et profondément respectueuse de sa vision.
Son engagement dépassait les murs de son bureau. Comment oublier sa mobilisation en juillet 2024 pour accompagner coûte que coûte une équipe de jeunes Guinéens à Abuja, à l’occasion de la troisième édition du Hackathon Régional ? Il s’est personnellement investi auprès des cabinets, plaidant sans relâche pour obtenir des moyens afin de soutenir ces jeunes qu’il considérait comme l’avenir du pays.
Grâce à lui, ils ont participé. Ils sont revenus avec un trophée. Et avec son sourire habituel, il a dit : « En général, c’est la Guinée qui gagne dans ces compétitions. »
Ce n’était pas de l’orgueil. C’était de la foi, une foi inébranlable en notre potentiel collectif.
Le projet de PKI, l’infrastructure de gestion des clés publiques, était l’un de ses chevaux de bataille. Il en parlait avec passion, convaincu de son importance stratégique pour notre souveraineté numérique, notamment pour des projets comme Télémo, la plateforme de gestion de fabrication des marchés publics.
Il savait que la cybersécurité n’était pas un luxe, mais une nécessité. Et il s’y investissait corps et âme. Récemment encore, il a porté haut les couleurs du ministère en représentant notre institution au Sommet sur la Cybersécurité organisé par le Forum Économique Mondial à Genève. Il y était à sa place : droit, compétent, respecté, toujours souriant.
Il se battait pour faire bouger les lignes, souvent dans des conditions très difficiles : moyens limités, retards de salaires, lenteurs administratives… et malgré tout, jamais une plainte. Seulement un sourire franc et sincère qui apaisait, qui encourageait, qui inspirait.
Lors des réunions de cabinet, des échanges techniques ou informels, il était toujours présent, respectueux, profondément engagé. Il croyait en ce ministère, en notre secteur, en ce que nous construisons ensemble. Il croyait aux jeunes, à la transmission, à l’excellence.
Et il œuvrait pour que ses convictions prennent vie, malgré les obstacles.
Aujourd’hui, nous perdons plus qu’un collègue. Nous perdons une lumière, un homme droit, un serviteur de la République, un ami.
Il laisse derrière lui des enfants trop jeunes pour comprendre, une épouse, une mère meurtrie aux États-Unis, des collègues effondrés, et un pays tout entier qui pleure un talent devenu trop vite un souvenir.
Mais ce souvenir ne s’effacera pas. Il vivra dans les projets qu’il a initiés, dans les jeunes qu’il a formés, dans les combats que nous poursuivrons. Il vivra dans cette Semaine du Numérique 2025, qu’il préparait déjà avec tant d’enthousiasme et qu’il ne verra malheureusement pas.
Comme il écrivait en janvier dernier :
> « Peut-être que tu n’existeras pas pour ce pourquoi tu te bats. Mais nous, nous y penserons pour deux et nous t’y honorerons comme il se doit.
Peut-être, à travers ce prix qui portera son nom.
Ton nom restera gravé dans notre histoire. Et ton sourire, lui, ne s’éteindra jamais.
Que Dieu t’accueille dans sa lumière et te récompense pour tout ce que tu as donné à la Guinée.




Transcription : Amadou Mouctar Diallo

















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