Le quartier de Soumanbossia dans la commune de Lambanyi est en deuil suite à une nuit d’horreur, où les pluies diluviennes ont emporté la femme et les trois enfants de Benjamin Kamano, enseignant de profession. Ce drame s’ajoute à une longue série de pertes humaines et de dégâts matériels importants depuis le début de la saison des pluies dans la capitale guinéenne.
Benjamin Kamano, seul survivant de sa famille, a livré un témoignage déchirant. Récemment rentré de l’hôpital après une maladie, il avait pris ses précautions habituelles face à l’orage imminent. « Chaque fois que la pluie menaçait, je faisais sortir les enfants sur la véranda par mesure de prudence », a-t-il expliqué. Cependant, la violence des intempéries de la nuit dernière a dépassé toutes les craintes.
« Tout d’un coup, j’ai entendu les enfants crier : ‘Papa, viens à notre secours !’ », se remémore-t-il avec douleur. Submergé par les eaux, M. Kamano s’est retrouvé piégé : « Mon matelas était complètement mouillé… l’eau avait déjà bloqué ma porte. Je ne pouvais pas sortir. » C’est alors qu’une partie du mur de sa maison s’est effondrée. Miraculeusement, il a pu s’accrocher à un morceau de bois, mais le silence qui a suivi dans la chambre des enfants lui a glacé le sang. « J’ai compris que les enfants étaient partis. Les cris ont cessé. »
Après avoir alerté son voisin, M. Barry, M. Kamano a réalisé l’étendue de la catastrophe : « J’ai perdu toute ma famille, il ne reste que moi seul. » Les voisins, faisant preuve d’une solidarité exemplaire, se sont mobilisés pour tenter de dégager les décombres. C’est ainsi que le corps de sa femme a été retrouvé. Au petit matin, le corps de l’un des enfants a été découvert, mais deux de ses filles, âgées de 3, 7 et 14 ans, restent introuvables. La plus âgée aurait tenté de sauver ses petites sœurs, en vain.
Alphonse Béa Wendeno, un autre voisin, a décrit la scène chaotique de la nuit : « C’était à 1 h du matin. Quand notre voisin nous a appelés à l’aide… nous avons trouvé tous les murs d’ici tombés et emportés par l’eau. » Il a déploré l’inefficacité des numéros d’urgence, restés silencieux toute la nuit. Les pompiers sont finalement arrivés au matin pour aider à transporter le corps de la défunte.
Ce drame met en lumière la vulnérabilité des habitants de Conakry face aux inondations récurrentes, et soulève des questions urgentes sur les dispositifs de prévention et les interventions d’urgence dans la capitale.

Mohamed Dramé

















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