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Guérir, se reconstruire, entreprendre : le pari réussi du FAAEFF

Le Fonds d’Appui aux Activités Économiques des Femmes et des Filles (FAAEFF), en partenariat avec le Crédit Rural de Guinée, a lancé, sous l’égide du Ministère de la Promotion Féminine, de l’Enfance et des Personnes Vulnérables, un programme de réinsertion socio-économique de 120 femmes guéries de la fistule obstétricale dans le Grand Conakry et les huit (8) régions administratives du pays. Il faut rappeler que chaque bénéficiaire recevra un soutien financier de 7 000 000 de francs guinéens.
Ce lundi 28 juillet, une cérémonie de remise de fonds pour l’ouverture de comptes s’est tenue à Conakry, en présence des autorités gouvernementales, des partenaires techniques et financiers. Cette première étape concerne 50 femmes originaires de Conakry, Kindia et Boké, qui ont suivi une formation de base en gestion et en éducation financière. Leurs comptes bancaires ont été ouverts et crédités afin de favoriser leur autonomisation économique.
La fistule obstétricale, encore trop fréquente dans les zones rurales difficiles d’accès aux services de santé, constitue un problème de santé publique aux conséquences sociales dévastatrices : isolement, rejet, précarité. Si la réparation médicale est une première étape, la véritable transformation s’opère par la réintégration économique et sociale.
Le projet couvre l’ensemble du territoire national, en accompagnant les femmes des régions de Kindia, Boké, Mamou, Labé, Kankan, Faranah, Nzérékoré et Conakry. L’objectif est clair : permettre à ces femmes de devenir les actrices de leur propre réinsertion, en renforçant leurs capacités et en leur donnant accès à des outils financiers.
Situant le contexte, Mme Virginie Touré, Directrice Générale du FAAEFF, a indiqué que la présente cérémonie de mise à disposition de fonds à ces femmes courageuses allait bien au-delà d’une remise de chèques ou de l’ouverture de comptes bancaires : « Nous sommes ici pour ouvrir des portes, pour affirmer haut et fort qu’une femme guérie de la fistule obstétricale est une femme reconstruite pour le bien de la société, à commencer par elle-même. C’est une femme debout. Une femme qui a traversé l’épreuve. Une femme qui, aujourd’hui, reconquiert sa dignité, sa liberté, et sa pleine place dans la société. »
En Guinée, poursuit Mme Touré, la fistule obstétricale est un problème grave de santé publique. Mais au-delà de la souffrance physique, elle entraîne l’isolement social et le rejet : « Cet obstacle silencieux freine la participation économique des femmes, dont on connaît particulièrement bien l’impact socio-économique dans nos communautés. »
C’est pour briser cet isolement et réduire significativement la pauvreté féminine que ce programme structurant a été lancé. Il vise à reconstruire des parcours de vie, à réaliser une réinsertion économique, sociale et communautaire durable.
Mme Touré précise : « Nous avons voulu aller plus loin qu’une simple assistance ponctuelle. Nous avons conçu un dispositif intégré qui relie la guérison médicale à la reconstruction économique. En synergie avec les services de santé, les autorités locales et le Crédit Rural de Guinée, nous avons mis en place une chaîne de réinsertion solide, durable et humaine. Aujourd’hui, ce sont 50 femmes de Conakry qui bénéficient d’un appui financier et d’une formation. Demain, ce seront 70 autres femmes réparties dans Kindia, Boké, Mamou, Labé, Kankan, Faranah et Nzérékoré. »
Cet engagement s’inscrit dans la droite ligne de la vision du Président de la République, le Général d’Armée Mamadi Doumbouya, qui place le bien-être de chaque femme guinéenne au cœur du développement national. Le programme contribue aux Objectifs de Développement Durable, en particulier ceux visant à promouvoir l’égalité des sexes et à autonomiser les femmes et les filles. Il s’inscrit aussi dans le respect de l’article 6 de la nouvelle Constitution, qui consacre la sacralité de la vie humaine et la promotion de la parité.
Mme Touré a également salué le soutien du Centre Appliqué Jean-Paul II, de l’Hôpital régional de Kindia, de l’Hôpital régional de Boké, de l’ONG Djigui et de l’organisation internationale EngenderHealth, pour leur rôle décisif dans l’identification des bénéficiaires.
Prenant la parole, le Directeur Général du Crédit Rural de Guinée, M. Amara Kourouma, a déclaré : « Que cet accompagnement leur permette à elles-mêmes de se rendre service, de rendre service à la nation et à leurs familles. Merci à Mme la Ministre, merci à la Directrice et à toute l’équipe du FAAEFF. Le Crédit Rural sera toujours là pour accompagner le ministère dans cette action sociale. »
Comme les autres bénéficiaires, Marie Tolno a exprimé sa reconnaissance envers le FAAEFF et le Crédit Rural, en s’engageant à faire de cet appui un levier pour le développement familial, sociétal, voire national : « Nous savons d’où nous venons et où vous nous avez trouvées. C’est pourquoi nous vous rassurons : ces montants seront utilisés de manière rationnelle. C’est notre nouvelle vie et notre survie. »
Clôturant les interventions, la Ministre Charlotte Daffé a remercié l’ensemble des partenaires et souligné l’importance de mettre l’humain au centre du progrès : « Ce projet reflète la volonté du gouvernement guinéen de ne laisser aucune femme en marge du développement. Il est essentiel que les bénéficiaires connaissent mieux leurs droits, car cette Constitution est une Constitution de justice sociale. »
En accompagnant ces 50 femmes vers l’autonomie financière, un acte fort est posé : celui de reconnaître que, même après la douleur et l’exclusion, il est possible de se reconstruire. Une vie digne, pleine d’espérance, de résilience et de leadership féminin. Faire de la réinsertion une réalité durable, c’est affirmer que chaque femme a droit à une seconde chance.
Les prochaines phases du projet verront la poursuite des activités dans les autres régions, avec des missions de suivi, des évaluations de besoins et l’appui financier des 70 femmes restantes. À terme, ce sont 120 femmes guéries qui seront réinsérées dans la vie économique du pays.
Amadou Mouctar Diallo

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