En prélude à la célébration de la Journée mondiale de la liberté de la presse, le 3 mai 2025, le Directeur général du quotidien Horoya, Ibrahima Koné, a fait une déclaratioa qui a suscité de vives réactions. En affirmant que la liberté de la presse est respectée à 80 % en Guinée, il a mis en lumière une réalité que certains préfèrent nier avec une mauvaise foi déconcertante. Cette déclaration a provoqué une vague d’indignation parmi ceux qui privilégient la critique facile au détriment d’une analyse objective et nuancée.
Ces « esprits étroits », pour reprendre une expression tempérée, pointent du doigt la fermeture de certaines radios et télévisions ainsi que le chômage de quelques journalistes. Certes, M. Koné lui-même a exprimé son regret face à cette situation. Mais où est la contradiction ? Reconnaître des difficultés ponctuelles n’invalide en rien le constat d’un climat de travail globalement serein pour la majorité des professionnels de l’information.
Soyons clairs : aujourd’hui, en Guinée, les journalistes informent, alertent et critiquent le gouvernement dans leurs médias respectifs sans la moindre menace tangible. Les émissions interactives, véritables baromètres de l’opinion publique, en sont une preuve éclatante. Les auditeurs y expriment librement leur mécontentement, sans que ni eux, ni les animateurs, ni les responsables des médias ne soient inquiétés par les autorités de la transition.
De plus, la nomination d’une centaine de journalistes à des postes de responsabilité au sein de la présidence, des ministères et des institutions, ainsi que les récents décrets nommant des directeurs de communication dans les régions administratives, témoignent d’un engagement fort envers la presse. Peut-on raisonnablement voir dans ces mesures une volonté de museler les médias ? La réponse est un NON catégorique.
Quant à la fermeture des médias, invoquée comme un cheval de bataille par certains détracteurs, les autorités de la transition ont mis en avant des impératifs de sécurité nationale pour justifier ces décisions. Y a-t-il une valeur supérieure à la sécurité d’une nation ? Poser la question, c’est déjà y répondre.
Pourquoi ces médias n’ont-ils pas tenu compte des avertissements ? Le bon sens voudrait que l’on s’adapte au contexte pour exercer son métier, et non l’inverse. Par ailleurs, la raison officielle de ces fermetures, rappelons-le, repose sur le non-respect des cahiers des charges. Le silence des responsables des médias concernés devant la Cour Suprême, instance légitime pour contester ces décisions, est révélateur.
Pourquoi ne pas avoir saisi cette opportunité si l’on se sentait injustement lésé ? L’hypocrisie atteint son comble lorsqu’on apprend qu’un des PDG des médias fermés se vante de ses relations amicales avec le président de la transition, tandis qu’un autre décerne un prix honorifique à ce même président pour ses « acquis » en Guinée. Où étaient donc ces « militants de la liberté de la presse » autoproclamés lorsque ces actes de flagornerie étaient commis ?
Il est temps d’utiliser la raison plutôt que de se laisser submerger par une émotion sélective et opportuniste. Ibrahima Koné a eu le courage d’exposer une vérité qui dérange ceux qui s’enferment dans une posture victimaire stérile.
La liberté de la presse en Guinée progresse, malgré des défis ponctuels, et ceux qui n’en voient que les ombres font preuve d’une cécité volontaire regrettable. Comme le dit une sagesse bien connue : « Il faut ouvrir l’esprit et fermer les yeux. Faire appel à la raison plutôt qu’à l’émotion. »
Une réflexion qui manque cruellement à ceux qui s’acharnent contre le Directeur général de Horoya.
Leverificateur.net
















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