Advertisement

Intelligence artificielle : la Guinée valide son diagnostic et prépare sa feuille de route nationale

Ce vendredi 19 décembre, la Guinée a marqué un tournant important dans sa marche vers la souveraineté numérique. Dans un hôtel de la capitale, un atelier de validation du rapport d’évaluation du paysage de l’intelligence artificielle s’est tenu en présence de nombreux cadres venus de divers horizons. L’objectif était de confirmer le diagnostic du paysage numérique et de tracer une feuille de route stratégique pour l’avenir du pays.
Le Directeur national des technologies de l’information et de l’économie numérique, Aly Chérif, a rappelé que l’intelligence artificielle est une révolution mondiale qui transforme déjà la vie de millions de citoyens. Il a insisté sur la nécessité pour la Guinée de bâtir une stratégie nationale adaptée aux réalités locales, encourageant l’innovation et l’entrepreneuriat afin que la jeunesse devienne créatrice de valeur. Pour lui, l’IA doit être un levier de développement économique et social, mais aussi un outil au service des citoyens.
Le consultant national du PNUD, Emmanuel Elolo Agbenonwossi , a présenté les résultats de l’évaluation AILA qui situent la Guinée à un score de préparation de 2,1 sur 5, correspondant à une phase intermédiaire de maturité. Il a salué les avancées notables du pays en matière d’infrastructures numériques, avec une couverture de plus de 95 %, l’extension du backbone national et la mise en service d’un data center souverain, tout en soulignant les défis liés à la gouvernance des données et au cadre juridique.
Le Représentant résident du PNUD, Anthony Ohemeng-Boamah, a affirmé que la Guinée dispose désormais d’une occasion stratégique de dessiner son avenir numérique sur des bases inclusives et durables. La feuille de route prévoit la formation annuelle de 5000 agents publics, la création d’un Data Hub national, le renforcement de la cybersécurité et l’élaboration d’un cadre juridique adapté.
Intervenant, le conseiller du Premier ministre, Himi Touré, a souligné : « Vous remarquerez qu’au niveau des Nations Unies, la e‑gouvernance a pris une importance particulière, au point qu’il existe désormais un indice onusien sur le développement de la e‑gouvernance des pays. Depuis 2022 jusqu’à 2024‑2025, la Guinée a enregistré un bond d’au moins 25 points dans ce classement. Certes, notre position reste encore perfectible, car nos ambitions sont très élevées et il subsiste du retard.
Cependant, grâce à l’intelligence artificielle, si nous parvenons à nous positionner à un très bon niveau, nous pourrons combler une grande partie de ce retard et, peut‑être, devenir des pionniers. Il n’est pas nécessaire de suivre la voie du développement de manière linéaire comme d’autres l’ont fait. Nous pouvons choisir un point stratégique et concentrer nos efforts.
Votre présence nombreuse aujourd’hui témoigne de l’engouement et de l’intérêt pour ce travail. Et j’espère, au nom du Premier ministre, que ce soutien se poursuivra » , a-t-il lancé.
Enfin, au nom de la ministre des Postes, des télécommunications et de l’économie numérique, le chef de cabinet Nfaly Sylla a clôturé l’atelier en affirmant que la Guinée n’est pas en retard à l’échelle continentale. Avec une population jeune, un écosystème technologique en expansion et une vision politique forte portée par le président Mamadi Doumbouya, le pays entend faire du numérique un pilier de souveraineté et de compétitivité. Pour lui, l’intelligence artificielle doit rester au service de l’humain, championne de la transparence et de l’équité, tout en contribuant à l’innovation locale et à l’inclusion sociale.
Aboulaye Keita 

Leave a Reply

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *