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Présidentielle 2025 : Abe Sylla dévoile son plan pour une industrialisation responsable du secteur minier

En lice pour le scrutin présidentiel du 28 décembre prochain, le candidat de la Nouvelle Génération pour la République (NGR), Ibrahima Abe Sylla, a détaillé ce jeudi 11 décembre les grands axes de son programme minier. Il prône une rupture avec l’exportation brute au profit d’une transformation locale maîtrisée et respectueuse de l’environnement.

Pour le candidat de la NGR, les ressources du sous-sol guinéen ne doivent plus être considérées comme une simple rente, mais comme le moteur du financement des politiques publiques. Lors de sa communication, Abe Sylla a rappelé l’immense potentiel géologique du pays.

« Quand on parle des mines, on parle d’une richesse que Dieu nous a donnée. La Guinée possède presque tous les métaux répertoriés dans le tableau de Mendeleïev : fer, bauxite, graphite, lithium, manganèse, voire de l’uranium », a-t-il souligné, posant ainsi les bases de son argumentaire économique.

Au cœur de sa stratégie figure la transformation locale de la bauxite, qu’il juge indispensable pour éviter l’épuisement des ressources sans valeur ajoutée réelle. « On doit arrêter d’exporter uniquement la matière brute. À la longue, il ne restera plus rien pour les générations futures », a averti le candidat.

Abe Sylla insiste sur la faisabilité technique de cette industrialisation, plaidant pour la production sur place des intrants nécessaires, comme la soude caustique. « Il suffit de mettre en place une usine : du sel et de l’eau, nous en avons », a-t-il expliqué, mentionnant également la disponibilité des composants chimiques requis.

La chaîne de valeur, selon lui, doit s’étendre jusqu’à la production d’aluminium, dont la tonne se négocie entre 3 000 et 4 000 dollars sur les marchés mondiaux. Pour atteindre cet objectif, le candidat mise sur le potentiel énergétique de la Guinée, notamment les réserves de gaz confirmées par des tests en 2017, indispensables pour transformer l’alumine en aluminium.

Si l’industrialisation est souhaitée, elle ne doit pas se faire au détriment des écosystèmes. Abe Sylla a tenu à mettre en garde contre une exploitation anarchique, citant le cas de Fria comme un exemple à ne pas reproduire. Il déplore une ville « aujourd’hui fortement polluée » par manque de traitement adéquat des déchets industriels.

« Si nous donnons des licences à tout le monde, surtout près des cours d’eau, cela aura un impact sérieux sur notre écosystème », a-t-il prévenu.

Son programme prévoit donc un encadrement strict des implantations industrielles, particulièrement en Basse-Guinée. Le candidat préconise de limiter le nombre d’unités de transformation et d’exiger des équipements de pointe pour prévenir toute pollution.

Dans une logique de préservation, le leader de la NGR propose également de rationaliser l’exploitation des gisements. Prenant l’exemple du mont Nimba, il critique l’exploitation simultanée de plusieurs sites et suggère une approche progressive : « Prenons une montagne après l’autre. Cela permettra de préserver les ressources pour les générations futures. »

Enfin, Abe Sylla a conclu son intervention en insistant sur la formation, condition sine qua non de la réussite de cette stratégie. Il appelle à la création d’instituts techniques d’excellence pour former des ingénieurs guinéens capables de maîtriser l’ensemble de la chaîne minière. Selon ses projections, cette approche combinée permettrait à la bauxite de générer autant de revenus que le secteur de l’énergie.

Par Thierno Kalifatou Doumbouya

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