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Rentrée scolaire 2025 : Des frais de scolarité hors de portée

La rentrée scolaire crée une situation qui s’apparente à une ambiance dans les marchés et établissements scolaires. Elle est loin d’être festive. La reprise des cours, prévue au 6 octobre, est marquée par une flambée des prix, une désorganisation généralisée et une détresse palpable chez les parents d’élèves.

Dans les marchés de Conakry, les vendeurs peinent à satisfaire une demande en hausse, alors que les prix des fournitures scolaires atteignent des sommets. Le paquet de cahiers de 200 pages se vend à 20 000 GNF, celui de stylos à 5 000 GNF, et un sac de qualité peut coûter jusqu’à 200 000 GNF. La rareté des produits et l’absence de régulation favorisent la spéculation, aggravant la situation pour les ménages déjà fragilisés.

Dans les établissements privés, les frais de scolarité ont connu une hausse vertigineuse, allant jusqu’à 50 %. Au niveau primaire, les tarifs varient entre 70 000 et 250 000 GNF, sans encadrement officiel. À Koloma 1, un lycée facture 290 000 GNF par mois, avec une première tranche obligatoire de 1 400 000 GNF incluant divers frais annexes.

El Hadj Ibrahim Barry, père de quatre enfants, confie son désarroi : « Pour mes deux enfants en 10ème année, je dois payer 500 000 GNF par mois. Et dans l’autre établissement, on me demande trois mois d’avance. Je suis à bout. »
Une mère de famille, veuve depuis 2023, a dû retirer ses enfants du privé : « Je n’ai pas 2 millions par mois. Mes enfants iront tous dans le public cette année. »
La rentrée scolaire 2025-2026 révèle les failles d’un système éducatif en crise. La spéculation, le manque de coordination entre les acteurs et l’absence de régulation plongent le pays dans une rentrée chaotique. Mamadou Aliou Camara, fondateur d’un groupe scolaire à Koloma 1, dénonce : « Certaines écoles ne pensent qu’au profit. Cela fait deux ans que nous n’avons pas changé nos frais. Il faut savoir partager les peines des parents. »
Malgré les obstacles, les familles guinéennes s’accrochent à l’espoir de voir leurs enfants reprendre le chemin de l’école. Car au-delà des chiffres, une vérité demeure : l’éducation est un droit fondamental, un combat quotidien et une promesse d’avenir.

Amadou Mouctar Diallo

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