Dans un contexte où les défis personnels et sociaux freinent souvent l’élan vers l’éducation, l’histoire de Madame Keita Nanfadima Condé résonne comme un hymne au courage et à la persévérance. À 45 ans, enseignante et mère de quatre enfants, elle vient de décrocher son baccalauréat, suscitant admiration et respect à travers toute la Guinée.

Horoya : Madame Keita, vous êtes aujourd’hui l’un des visages les plus inspirants du Baccalauréat guinéen. Quelle a été la source de votre motivation ?
Madame Keita : Ce qui m’a poussé à faire le bac cette année, c’est un concours national CPMF qui m’a envoyée à l’ISSEG pour une formation de deux ans. Vers la fin, j’ai découvert que seuls les détenteurs du BAC complet obtiendraient le diplôme final. Moi, je n’avais que le BAC 1… J’ai vécu des nuits blanches en pensant qu’on me remettrait une simple attestation. C’est là que j’ai dit : non, je vais faire le BAC complet. »
Quel est votre objectif professionnel après cette réussite ?
Je souhaite étudier les sciences de l’éducation à l’ISSEG pour booster ma carrière. Depuis ma sortie de l’ENI de Kankan en 2000, je suis toujours en situation de classe. J’ai envie d’évoluer. »
Vous êtes aussi mère de quatre enfants, dont trois ont terminé leurs études universitaires. Quel message souhaitez-vous transmettre aux femmes ?
J’invite les femmes à prendre exemple sur moi. Malgré mes responsabilités de mère, j’ai pu poursuivre mes rêves. L’âge n’est qu’un chiffre. Rien n’est tard quand on a le courage. Vouloir, c’est pouvoir. »
Madame Keita est bien plus qu’une admise au baccalauréat. Elle est la preuve vivante que la détermination n’a ni âge ni limite. Dans chaque mot, elle incarne la voix des femmes battantes, des mères résilientes, et des éducatrices engagées. Son message transcende les frontières de l’éducation : il est un appel à croire en soi, envers et contre tout.
Entretien réalisé par Amadou Mouctar Diallo
















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