Loin de jouer les Cassandre, il convient d’admettre que la saison des pluies ne fait que commencer en matière de dégâts, car les mesures prises sont loin de répondre aux préoccupations du citoyen lambda. Les premières pluies ont déjà causé des dommages qui continuent de semer le désarroi dans la capitale et dans plusieurs régions du pays.
Lorsque le passage naturel des eaux de ruissellement est anarchiquement envahi pour des besoins de construction, les conséquences sont immédiates dès qu’une forte pluie survient. Ce triste constat s’impose dans plusieurs agglomérations du pays. Le moins qu’on puisse dire, c’est que les caprices de la nature ont engendré des inondations ici et endeuillé des familles là-bas. Beaucoup redoutent la suite.
Dans de telles circonstances, il s’agit d’une véritable course contre la montre pour établir un diagnostic pertinent. Encore une fois, il est grand temps de confronter les autorités locales à leurs responsabilités — à commencer par les chefs de secteur. Ils ont la fâcheuse habitude de vendre des parcelles dont l’emplacement s’avère potentiellement dangereux pour les riverains. Il faut également dénoncer la duplicité de certaines délégations spéciales, souvent coupables de faux et usage de faux dans la délivrance de documents fonciers. D’ailleurs, est-ce véritablement leur rôle ?
Quoi qu’il en soit, les autorités à tous les niveaux devraient être en mesure de prendre des décisions impopulaires, mais nécessaires pour éviter les drames liés aux intempéries. Un travail en amont consisterait à lancer des campagnes de sensibilisation sur les risques liés à l’occupation des berges de fleuves, de rivières ou de marigots. Quant au domaine public maritime, il est la cible de spéculations par des bandits en col blanc, sous les yeux de tous. Pourtant, nul n’est censé être au-dessus de la loi. Les opérations de dépérissement devraient commencer par ces individus-là. En principe…
Par ailleurs, les mairies doivent pouvoir procéder au curage systématique de tous les caniveaux, devenus de véritables pièges mortels. En cette saison, les caniveaux non couverts sont capables d’emporter des personnes et leurs biens à une vitesse fulgurante. Il faut souligner que le courant d’eau est d’une impitoyable force à ce niveau.
Cette situation devrait interpeller les décideurs afin de réduire sensiblement les dégâts, devenus de plus en plus insupportables pour des populations qui ne sont pas irréprochables non plus. En effet, certains continuent de transformer les caniveaux en dépotoirs, malgré les multiples campagnes de prévention et d’assainissement.
















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