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Pénurie de ciment : une crise aux multiples répercussions 

Depuis plusieurs semaines, la Guinée fait face à une pénurie de ciment qui menace l’ensemble du secteur de la construction. Ce manque ralentit les chantiers et affecte l’économie locale. La crise résulte principalement de la réorientation des stocks vers les grands projets nationaux, notamment Simandou, ce qui entraîne une rupture d’approvisionnement pour les commerçants et les artisans.

Amadou Diallo, grossiste en matériel de construction, exprime son inquiétude : « Nos camions sont bloqués à l’usine, car la production est essentiellement dirigée vers les chantiers des grandes sociétés minières. Autrefois, transporter une tonne de ciment à Kankan ou à Macenta coûtait 400 000 francs guinéens. Aujourd’hui, les chauffeurs exigent jusqu’à un million, privilégiant les industriels au détriment des particuliers. »

Les commerçants de matériaux subissent également les conséquences de cette pénurie. Fanta Diaouné, vendeuse à Bambéto, décrit une situation alarmante : « Nos magasins sont vides depuis un mois. Nous n’avons rien à offrir à nos clients et, si cette crise persiste, les prix vont forcément grimper. D’après ce que j’ai observé et compris, seul le gouvernement peut résoudre ce problème. »

Dans le secteur du bâtiment, le ralentissement est critique. Ahmed Kanté, ingénieur et chef de chantier à Conakry, souligne l’impact : « Le prix du sac de ciment est passé de 82 000 à 90 000 GNF. Nous devons suspendre nos travaux faute de stock. De nombreux ouvriers risquent de perdre leur emploi si la situation perdure.»

Les petites unités de production, notamment les ateliers de briques, sont également en grande difficulté. Saliou Sow, briquetier de confier : « C’est impossible de gérer un personnel dans cette crise. C’est pourquoi plusieurs jours maintenant, nos employés sont au chômage. Nous avons l’habitude d’utiliser jusqu’à 30 sacs de ciment par jour, mais sans matière première, nous sommes à l’arrêt total En toute vérité, nous ne savons plus quoi faire.»

Dans l’attente de la poursuite des discussions entre industriels et autorités, artisans et entrepreneurs demeurent plongés dans l’incertitude, redoutant une aggravation des répercussions économiques.

Amadou Mouctar Diallo 

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