Réunie en séance plénière au Palais du Peuple samedi, 31 octobre 2026, l’Assemblée nationale a examiné et adopté le volet recettes du Projet de Loi de Finances Rectificative (PLFR) pour l’exercice 2026. Portées par un dynamisme fiscal revu à la hausse, les prévisions budgétaires affichent des ambitions financières accrues, tout en mettant en lumière des défis majeurs en matière de gouvernance économique.
Présenté par l’honorable N’Gouamou Fabara Koné au nom de la Commission des affaires économiques et financières, du Plan et de la Coopération, le rapport du PLFR 2026 redessine les grands équilibres macroéconomiques du pays.
Les recettes totales du budget de l’État s’établissent désormais à 60 064,47 milliards de GNF, contre 55 858,10 milliards dans la Loi de Finances Initiale (LFI) 2026, soit une progression notable de 7,53 %. Celles-ci se répartissent entre le budget général (évalué à 57 664,90 milliards de GNF) et les budgets d’affectation spéciale (2 399,57 milliards de GNF).
Cette révision intervient dans un contexte d’ajustement des indicateurs économiques : Croissance économique : ramenée à 8,6 % du PIB (contre 9,5 % initialement); Inflation : réévaluée à 5,2 % (contre 3,5 %);Taux de change : fixé à 8 710 GNF pour un dollar américain; Pression fiscale : projetée à 14,23 % du PIB, marquant une volonté manifeste d’optimiser la collecte des impôts.
L’un des temps forts des débats a porté sur l’ampleur des dépenses fiscales (exonérations et régimes dérogatoires), jugée préoccupante pour les finances publiques. Le rapport révèle que pour l’exercice 2025, le coût budgétaire des douanes s’est élevé à 11 793 milliards de GNF, soit près de 48 % des recettes douanières mobilisées. Pour la Direction générale des impôts (DGI), ces dépenses ont atteint 3 873 milliards de GNF sur les neuf premiers mois de 2026.
Face à cette situation où une poignée de mesures issues des codes minier et des investissements concentre l’essentiel des pertes, l’Assemblée nationale recommande une révision drastique de ces dispositions, l’encadrement strict des exonérations et l’obligation pour les bénéficiaires de souscrire régulièrement à leurs déclarations.
Le Parlement n’a pas manqué de pointer du doigt certaines résistances institutionnelles. Il a notamment déploré l’attitude de l’Autorité de régulation des jeux et pratiques assimilées (ARSJPA), qui aurait instruit les opérateurs de ne pas s’acquitter des taxes votées en 2025. Une démarche qualifiée de contraire à la hiérarchie des normes, appelant une réaction immédiate du ministère des Finances.
Du côté du secteur des télécommunications, si l’Autorité de régulation des postes et télécommunications (ARPT) a salué un taux de reversement de 85,7 % pour 2026, le Parlement exige le paiement intégral des 108 milliards de GNF de redevances dus au titre de l’exercice 2025.
Pour sécuriser et accroître les ressources de l’État, les députés ont mis l’accent sur l’urgence d’accélérer la digitalisation des procédures de recouvrement, de formaliser le secteur informel et de doter l’administration fiscale d’outils adaptés pour capter le potentiel du commerce électronique. De même, un accent particulier a été mis sur la régularisation des recettes administratives, dont une part significative repose encore sur des bases légales obsolètes ou inexistantes.
Comme pour dire qu’avec ce PLFR 2026, l’exécutif et le législatif affichent une volonté commune, celle de consolider la souveraineté budgétaire du pays tout en veillant à une rigueur dans l’allocation et la mobilisation des deniers publics.
Sékouba Kourouma

















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