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Grâce présidentielle, transition écologique et Simandou au cœur d’une conférence de presse

Le porte-parole de la présidence de la République, le général Amara Camara, accompagné de son adjoint, Thierno Mamadou Bah, et du porte-parole du gouvernement, François Bourouno, a animé, ce lundi 19 octobre 2026, une conférence de presse consacrée aux principales décisions du chef de l’État. Les échanges ont notamment porté sur les orientations annoncées dans le discours du 1er octobre, la grâce accordée à 522 détenus, la gestion des déchets plastiques et les ambitions du programme Simandou 2040.

Face à la presse nationale et internationale, les responsables de la communication présidentielle et gouvernementale ont présenté les principales actions engagées par les autorités, en mettant l’accent sur la jeunesse, la transformation des ressources naturelles, la discipline, l’unité nationale et la protection de l’environnement.

Amara Camara revient sur les orientations du discours présidentiel

Prenant la parole, le porte-parole de la présidence de la République, le général Amara Camara, est revenu sur le discours prononcé par le président Mamadi Doumbouya le 1er octobre, à la veille de la célébration de l’indépendance de la Guinée.

Selon lui, cette adresse à la nation ne se limitait pas à une commémoration historique. Elle constituait également un discours d’orientation articulé autour de quatre priorités : la jeunesse, la transformation des ressources naturelles, la discipline et l’unité nationale.

Concernant la jeunesse, le porte-parole a souligné la volonté du chef de l’État de favoriser la formation, la qualification professionnelle, l’accès au crédit et l’entrepreneuriat des jeunes. Il a également insisté sur la nécessité de promouvoir les perspectives d’avenir en Guinée afin de réduire l’attrait de l’émigration irrégulière.

S’agissant de la transformation économique, Amara Camara a rappelé l’ambition des autorités de valoriser davantage les ressources naturelles du pays. L’objectif, a-t-il expliqué, est de faire de ces richesses un levier de création d’emplois, de développement des compétences, de construction d’infrastructures et d’amélioration des services sociaux.

Le porte-parole a également insisté sur la discipline et le respect des règles, qu’il a présentés comme des conditions essentielles à la stabilité, à la liberté d’entreprendre et au progrès collectif.
Enfin, il a rappelé que l’unité nationale constitue un principe fondamental, la République devant appartenir à tous les citoyens, indépendamment de leur région d’origine ou de leur sensibilité.

522 détenus bénéficient d’une grâce présidentielle

La grâce accordée à 522 détenus à travers deux décrets présidentiels figurait également parmi les principaux sujets abordés.

Pour Amara Camara, cette mesure traduit une volonté de clémence, tout en maintenant les exigences de responsabilité et de réinsertion sociale.
Il a précisé que la grâce ne remet pas en cause les décisions de justice ni les droits des victimes, notamment en matière de réparation.

Le porte-parole a par ailleurs expliqué que le bénéfice de cette mesure est assorti, selon les dispositions évoquées, d’un stage d’encadrement civique et de préparation à la réinsertion.

Ce programme, conçu en collaboration avec les ministères de la Justice et de la Défense, vise à accompagner les bénéficiaires dans leur retour à la vie familiale, communautaire et professionnelle.

Selon lui, cette démarche répond à trois préoccupations principales : faciliter la réadaptation des personnes libérées, renforcer leur sens des responsabilités citoyennes et contribuer à la protection de la société.

Un hommage à Sidya Touré et des précisions sur les évacuations sanitaires

Le général Amara Camara a également évoqué le décès de l’ancien Premier ministre Sidya Touré, survenu le 25 septembre à Paris.

À cette occasion, il a appelé au respect de la mémoire du défunt et invité les citoyens à privilégier les prières et les témoignages de considération à son égard, rappelant sa contribution à la vie publique guinéenne.

Le porte-parole est également revenu sur les autorisations exceptionnelles d’évacuation sanitaire accordées à d’anciens hauts responsables, dont l’ancien président de l’Assemblée nationale, Amadou Damaro Camara.

Il a insisté sur le fait que ces mesures, prises au regard de situations médicales documentées, ne constituent ni une grâce ni une remise en cause des décisions judiciaires.

Il a ainsi défendu une approche conciliant le respect de la loi et la prise en compte de la dignité humaine, soulignant que le droit aux soins doit être garanti indépendamment du parcours ou des fonctions antérieures des personnes concernées.

Simandou et les infrastructures au cœur des ambitions nationales

Au cours de son intervention, Amara Camara a également évoqué les avancées liées au développement des infrastructures ferroviaires et minières, notamment dans le cadre du programme Simandou.

Il a notamment fait référence à la mise en circulation du premier train guinéen associé à ce projet, présentée comme une étape importante dans le développement des infrastructures de transport.

Selon le porte-parole, ces installations doivent contribuer au transport des minerais, des marchandises et des personnes, tout en soutenant les ambitions de transformation économique du pays.

Il a également évoqué la décision de déclasser des terres dans la zone de Wanindara, présentée comme une réponse aux préoccupations des populations confrontées depuis plusieurs années à des difficultés foncières.

François Bourouno défend la transition écologique

Intervenant à son tour, le porte-parole du gouvernement, François Bourouno, a mis l’accent sur les politiques publiques engagées dans le cadre de la vision présidentielle et du programme Simandou 2040.

Il a rappelé que cette ambition de développement repose sur cinq piliers et doit intégrer la durabilité, la création de richesses, la promotion de l’emploi et la préservation de l’environnement.

Le porte-parole du gouvernement a particulièrement insisté sur l’interdiction de la production, de l’importation et de la commercialisation des emballages plastiques à usage unique, mesure dont la mise en application avait été précédée d’une période de préparation de deux ans.

Selon François Bourouno, les premières actions engagées auraient contribué à une diminution des déchets plastiques dans certains espaces publics. Il a toutefois souligné que les efforts devaient se poursuivre pour consolider les résultats obtenus.

Il a expliqué que le gouvernement entend accompagner cette transition en encourageant l’utilisation de produits biodégradables et le développement de solutions de substitution aux emballages plastiques.

Un moratoire de six mois pour accompagner les acteurs économiques

Le porte-parole du gouvernement a également annoncé qu’un moratoire de six mois avait été accordé aux acteurs concernés afin de faciliter la transition vers des solutions alternatives.

Cette période doit permettre aux autorités et aux opérateurs économiques, notamment aux industriels intervenant dans la production, l’importation et la commercialisation des emballages, de mettre en place un plan d’action adapté.

François Bourouno a précisé que cette mesure ne signifiait pas l’abandon de la politique d’interdiction, mais visait à organiser son application progressive, sans compromettre les emplois ni perturber la fourniture de certains services essentiels.

Il a notamment évoqué le développement de filières de collecte, de transport et de valorisation des déchets, susceptibles de créer de nouvelles activités économiques et des emplois.

Il a enfin invité les médias à participer à la sensibilisation des populations aux enjeux environnementaux, estimant que la réussite de cette transition dépend de l’engagement de l’ensemble des acteurs.

L’accès à l’eau potable parmi les priorités du gouvernement

François Bourouno a également mis en avant les investissements prévus dans le secteur de l’eau potable.

Il a fait état d’un programme financé à hauteur de plus de 600 millions d’euros, destiné à améliorer l’approvisionnement en eau et les conditions de vie des populations.
Parmi les actions annoncées figurent la remise en état de stations de traitement d’eau à Conakry, la réalisation d’autres infrastructures dans plusieurs localités et la mise en place de nouveaux points d’eau.

Le porte-parole a souligné que ces initiatives s’inscrivent dans une démarche plus large visant à améliorer la salubrité, à renforcer les services publics et à promouvoir un cadre de vie plus sain.

En conclusion, il a réaffirmé la détermination du gouvernement à poursuivre la mise en œuvre de ses politiques publiques, tout en maintenant le dialogue avec les acteurs concernés et en appelant à la mobilisation des citoyens pour accompagner les transformations engagées.

Thierno Kalifatou Doumbouya

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