Les travaux de la 12ᵉ Assemblée générale de la Plateforme des Régulateurs de l’Audiovisuel des pays membres de l’UEMOA et de la Guinée (PRA-UEMOA-Guinée) se sont ouverts le lundi 31 août autour d’un enjeu majeur de l’ère numérique : la régulation des réseaux sociaux face aux défis de la cybersécurité et de la préservation de la cohésion sociale.
Placée sous le thème : « La régulation des réseaux sociaux face aux défis de la cybersécurité et de la préservation de la cohésion sociale : quels mécanismes harmonisés pour les pays de l’UEMOA et la Guinée ? », cette rencontre statutaire réunit les différentes instances de régulation de l’espace audiovisuel des pays membres de la plateforme.
Pendant deux jours, les participants auront l’occasion de confronter leurs expériences, d’échanger sur les bonnes pratiques et d’examiner les réponses réglementaires à apporter face aux mutations rapides de l’environnement médiatique et numérique.
L’essor des plateformes numériques et des réseaux sociaux a profondément transformé les modes de production, de diffusion et de consommation de l’information. Si ces outils offrent d’importantes opportunités en matière d’expression, d’accès à l’information et de participation citoyenne, ils soulèvent également de nombreux défis.
La propagation de fausses informations, les discours de haine, les contenus préjudiciables, les manipulations de l’information et les risques liés à la cybersécurité constituent désormais des préoccupations majeures pour les autorités de régulation.
Face à ces défis, les pays de l’UEMOA et la Guinée sont appelés à renforcer leur coopération afin de favoriser l’émergence de réponses concertées et adaptées aux réalités de leurs différents espaces médiatiques.
Le thème retenu pour cette 12ᵉ Assemblée générale traduit ainsi la volonté des régulateurs de réfléchir à des mécanismes harmonisés de régulation, tout en conciliant la nécessité de protéger les citoyens, de préserver la cohésion sociale et de garantir un environnement numérique responsable.
Dans son allocution, le président de la HAC, Boubacar Yacine Diallo, a souligné l’importance de la coopération entre les différentes instances de régulation : « Votre présence à cette importante rencontre statutaire témoigne de l’attachement que nous accordons tous à la coopération entre nos différentes instances de régulation, ainsi qu’à la nécessité de conjuguer nos efforts face aux mutations profondes qui affectent aujourd’hui le paysage médiatique et audiovisuel. Le thème retenu pour cette Assemblée générale est particulièrement actuel et interpelle directement nos responsabilités de régulateurs. »
Il a rappelé que les réseaux sociaux, tout en étant des espaces de liberté et de partage, peuvent devenir des vecteurs de désinformation, de discours de haine, de manipulation de l’opinion publique et de diffusion de contenus susceptibles de fragiliser la paix et la cohésion sociale.
Selon lui, la question n’est plus de savoir s’il faut réguler, mais comment réguler efficacement, de manière proportionnée et concertée, tout en préservant les libertés fondamentales.
Il a également insisté sur l’importance de l’examen du bilan du mandat 2024-2026, qui doit permettre d’évaluer les acquis, d’identifier les insuffisances et de définir les priorités pour l’avenir.
Le président sortant de la PRA-UEMOA-Guinée, M. Pitalounani Telou a rappelé que cette rencontre constitue une étape importante dans la vie de la plateforme : « Elle nous offre l’occasion de faire le bilan du mandat qui s’achève, de mesurer le chemin parcouru ensemble, mais aussi de nous projeter vers de nouvelles perspectives pour renforcer davantage notre coopération. »
Il a exprimé sa gratitude envers les membres de la plateforme pour leur engagement et leur disponibilité.
Il a souligné que les mutations profondes du secteur audiovisuel — explosion des réseaux sociaux, multiplication des plateformes, nouveaux modes de consommation de l’information — ont guidé les priorités du mandat.
Pour lui, face à des phénomènes transfrontaliers, les réponses doivent être concertées et coordonnées.
De son côté, le ministre de la Justice et des Droits de l’Homme, Ibrahima Sory II Tounkara, a salué la présence des délégations en Guinée et a insisté sur la pertinence du thème.
« Les technologies numériques et les réseaux sociaux ont révolutionné notre manière de communiquer, de nous informer et d’interagir. Mais cette transformation s’accompagne également de nouveaux risques », a-t-il déclaré.
Il a rappelé que l’État de droit doit s’exercer dans l’espace numérique et que les libertés doivent s’y déployer dans le respect des droits d’autrui.
Il a insisté sur la nécessité de trouver un équilibre entre liberté d’expression et lutte contre les abus, soulignant que cette responsabilité est collective : pouvoirs publics, justice, régulateurs, plateformes numériques, société civile et citoyens.
Il a enfin exprimé l’espoir que les échanges permettront de dégager des pistes concrètes pour une régulation plus cohérente et mieux adaptée aux réalités numériques, notamment à travers l’examen du bilan du mandat 2024-2026 et l’adoption du Plan d’Actions 2026-2028.
Ibrahima Sory Bangoura

















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