Le Septième forum sur la coopération des Médias Sino-Africains s’est tenu du 19 au 21 août 2026 au centre de conférence de Beijing en Chine, sous le thème : ‘’ Partager de nouvelles opportunités de développement, bâtir conjointement un nouvel avenir audiovisuel ’’. Une initiative de la Radio Télévision de Chine (NTRA), du gouvernement populaire municipal de Pékin et l’Union Africaine de la Radio et de la Télévision.
Cette année, 36 pays Africains ont répondu présents aux côtés des acteurs du secteur médiatique chinois. La Guinée était représentée par Sékou Diomandé, Conseiller chargé du développement et de la réforme des Médias et de la Communication au ministère de la Communication, de l’Economie Numérique et de l’Innovation, Ibrahima Sory Cissé, Directeur Général de la Radio rurale de Guinée, Marie Louise Diallo, Directrice Générale Adjointe du Quotidien National Horoya, et Fodé Camara, Directeur de la Télévision de la RTG Koloma.
Ce rendez-vous des dirigeants et des acteurs du monde des médias a lieu tous les deux ans pour pérenniser les acquis du Sommet de Beijing sur la coopération Sino-Africaine (FOCAC) en 2024.
Plus de 400 participants assistent à l’adoption de la déclaration commune du 7e Forum.
A l’ouverture du Forum, la ministre chinoise de l’administration nationale de la radio et de la télévision a souhaité la bienvenue aux nombreuses délégations présentes avant de se réjouir de l’évolution de la coopération médiatique entre la Chine et les pays Africains. La ministre Cao Shumin a rappelé que pendant qu’on célèbre l’année sino-africaine des échanges humains et culturels, Beijing met en œuvre les acquis du FOCAC, notamment par la mise en place de plateformes d’échanges, en encourageant la coproduction de contenus audiovisuels, le partage des technologies, les programmes de formation et la mise en avant des talents.
Poursuivant, ‘’le thème de la rencontre met en exergue, le rôle de l’industrie audiovisuelle dans la promotion des échanges humains, le renforcement du développement économique et commercial, et la stimulation des interactions entre les jeunes.’’
A la tribune du Forum également la vice Maire de Beijing, qui a évoqué les nombreux projets de jumelage avec des villes africaines qui ont vu le jour, autre symbole de l’excellence des relations entre l’empire du milieu et le continent Africain. Dans le cadre de la coopération médiatique et rassurant du soutien de la municipalité, Sima Hong a indiqué que ‘’les médias doivent être des passerelles qui relient les peuples’’.
Très applaudie ensuite, la présentation tradi-moderne des résultats de la coopération Sino-Africaine dans les domaines de la radio, de la télévision et de l’audiovisuel en général, inscrits sur des rouleaux de parchemin anciens et projetés sur le grand écran. Autre temps fort de la cérémonie, l’adoption de la déclaration commune du 7e Forum sur la coopération Sino-Africaine.
L’Afrique doit se raconter et exporter son histoire
La voix de l’Union Africaine a été portée par le représentant de l’organisation en Chine, Alhaji Mohamed Sarjoh Bah. Pour lui, ‘’les médias Africains sont des instruments stratégiques pour la défense de notre identité culturelle et pour le développement économique. L’Afrique doit produire et créer des contenus à exporter, elle ne doit pas se limiter au simple rôle de consommateur’’. Une position que rejoint la secrétaire générale adjointe de l’ONU, Ahunna Eziakonwa à travers un message enregistré : ‘’L’Afrique est un continent plein de ressources qui pourrait aussi partager ses expériences’’.
A tour de rôle, le Directeur de l’Union Africaine de la radio et de la télévision, les Ministres en charge de la communication et des médias du Burundi, Evelyne Butoyi, de la République du Congo, Thierry Lézin Moungella entre autre, ont déclaré que tout comme les séries, feuilletons et documentaires chinois destinés à l’audience africaine, des contenus africains doivent être proposés à la population chinoise qui va ainsi découvrir l’Afrique, ses réalités, et ses potentialités avec un regard africain.
Germain Biahodjow, le ministre Gabonais de la communication a estimé que les médias africains ne devaient pas tomber dans le piège de la manipulation de l’information et garder le sens de responsabilité. Le ministre de la Communication du Burkinabé P.Gilbert Ouédraogo a donné comme exemple de dérives , les campagnes médiatiques ourdies, pour saborder selon lui les efforts de paix et mettre à mal la cohésion sociale dans son pays. La coproduction doit être favorisée désormais.
Interrogé sur les perspectives qu’offre cette rencontre, le Conseiller chargé du développement et de la réforme des médias et de la communication au MCENI, explique que la Guinée pourrait en tirer des avantages dans les domaines de l’intelligence artificielle, de la transformation numérique, de l’innovation et de la modernisation des médias car : ‘’ l’enjeu pour nous est de tirer parti de l’expérience et de l’expertise technologique chinoises pour développer des coopérations concrètes, favoriser le transfert de compétences et accompagner les priorités numériques de la Guinée.’’ Selon Sékou Diomandé :
‘’Notre ambition est de bâtir des partenariats durables, adaptés aux réalités et aux besoins de la Guinée, conformément à la vision du Président Mamadi Doumbouya, et aux priorités portées par le ministre de la Communication, de l’Economie Numérique et de l’Innovation, Mr Mourana Soumah.’’
Des Sessions thématiques
Après les ministres, les patrons de médias et autres experts en technologie ont développé des interventions portant sur : L’audiovisuel au service du développement économique et commercial Sino-Africain ; L’innovation en matière de contenus au service du rapprochement entre les peuples et de la coopération culturelle; L’IA intégrée à l’audiovisuel : pratiques et partage d’expériences.
Entre deux salles, les participants ont pu écouter les intervenants. S’il n’y a pas eu d’échanges ou de débats à proprement parler, l’exposé du PDG de Shengshu Technology a particulièrement émerveillé l’assistance. Luo Yihang a présenté son modèle de génération de contenu par l’IA (VIDU) crée en 2024 à travers des projections de vidéos.Selon le scientifique, l’IA est passé du statut de jouet à celui d’outil, que ce soit pour la production de contenus dans la publicité, les séries, les films de promotion, dans le domaine médical. Enfin le PDG s’est félicité d’avoir travaillé avec des créateurs de contenus Nigérians et Egyptiens qui ont recours à l’IA.Signe que l’IA n’est plus un mystère pour le continent qui doit s’en servir pour augmenter la productivité et la créativité.
Les activités ont pris fin par une soirée dédiée à la rencontre des cultures Chinoise et Africaine, des visites d’entreprises audiovisuelles et par une exposition internationale de la radio, du cinéma et de la télévision de Beijing (BIRTV).
Marie Louise Diallo
Envoyée spéciale en Chine
















Leave a Reply