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MCENI : des cadres formés sur la gestion axée sur les résultats

Le ministère de la Communication, de l’Économie numérique et de l’Innovation (MCENI) a lancé un programme de formation destiné à son personnel dans le cadre du Projet de Transformation Numérique pour l’Afrique (DTfA/WARDIP).

Cette initiative, inscrite dans le Programme Régional d’Intégration Numérique de l’Afrique de l’Ouest, vise à renforcer les compétences en gestion de projet axée sur les résultats (GAR).

L’expertise tunusienne, à travers Nefzi Sofien, a durant cinq jours, permis aux participants d’aborder les fondements de la GAR, la planification, le suivi de la performance, l’évaluation des projets publics et des applications pratiques.

Le projet intervient dans un contexte marqué par la rareté des ressources financières, la crise de confiance des citoyens et les exigences accrues des bailleurs de fonds, qui conditionnent désormais leur soutien à des preuves d’impact.

Avec cette formation, la Guinée entend moderniser son administration et inscrire ses politiques numériques dans une logique de transparence et de performance.

Entre autres thèmes développés au cours de la formation, le formateur a pointé le curseur sur la redevabilité et les indicateurs qui constituent un enjeu de transparence pour les projets publics

En effet, la question de la redevabilité s’impose aujourd’hui comme un pilier incontournable dans la gestion des projets publics en Guinée. À travers le programme MCEN/WARDIP, trois dimensions essentielles structurent cette exigence : institutionnelle, partenariale et citoyenne.

Sur le plan institutionnel, les organes de contrôle tels que le Parlement, la Cour des Comptes ou l’Inspection générale des finances jouent un rôle central. Audits annuels, rapports de performance et questions parlementaires permettent de vérifier l’utilisation des fonds et l’efficacité des actions menées.

La redevabilité envers les partenaires techniques et financiers (PTF) repose quant à elle sur des obligations contractuelles. Encadrée par les normes de la Banque mondiale, elle se traduit par des rapports trimestriels, des missions de supervision et des évaluations indépendantes. Ces mécanismes garantissent que les ressources allouées produisent les résultats attendus.

Enfin, la redevabilité citoyenne incarne la dimension démocratique de la transparence. Portails de données ouvertes, mécanismes de plaintes accessibles et consultations communautaires assurent aux bénéficiaires un droit de regard sur la gestion des projets et la qualité des services.

À ces dispositifs s’ajoute la nécessité d’indicateurs objectivement vérifiables (IOV). Ceux-ci permettent de mesurer concrètement les résultats. Un indicateur complet doit préciser la cible, la quantité, la qualité et le délai. Ainsi, au lieu d’objectifs vagues comme « améliorer la satisfaction des usagers », il s’agit de fixer des repères chiffrés et temporels, par exemple : « faire passer le taux de satisfaction de 45 % à 85 % en 12 mois ».

Une double légitimité

En combinant ces trois dimensions de redevabilité et en s’appuyant sur des indicateurs précis, les projets publics renforcent leur légitimité. Ils répondent à la fois aux exigences institutionnelles et aux attentes citoyennes, tout en consolidant la confiance des bailleurs.

La transparence devient ainsi non seulement une obligation, mais aussi un levier de mobilisation et de crédibilité pour l’action publique.

Jean-Marie Morgan

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