L’Organisation de l’Unité Africaine (OUA), créée le 25 mai 1963 à Addis-Abeba par 32 chefs d’État et de gouvernement africains, a été remplacée en 2002, lors du sommet de Durban, par l’Union Africaine (UA). Cette nouvelle institution avait pour mission d’accélérer l’intégration africaine, de renforcer la solidarité et la paix entre États, de garantir l’intégrité territoriale des pays membres, de promouvoir la démocratie et de favoriser un développement socio-économique durable. L’Agenda 2063 fixe l’horizon de réalisation de ces objectifs, marquant le centenaire de l’OUA.
Cependant, ces ambitions restent encore loin d’être atteintes. Les divergences entre États persistent, dans un contexte mondial marqué par des bouleversements où les plus puissants cherchent souvent à dominer les plus faibles. L’UA se trouve ainsi confrontée à de nombreux défis.
À propos des questions sécuritaires, nous avons en mémoire les guerres civiles au Soudan, en République Démocratique du Congo et en Libye. Sans compter les menaces terroristes accrues dans le Sahel (Mali, Niger, Burkina Faso, Tchad) ainsi qu’en Somalie et en Éthiopie ; coups d’État et transitions anticonstitutionnelles.
Au plan institutionnel, les chevauchements de compétences avec les organisations régionales (CEDEAO, SADC…) sont legion
y compris les rivalités de leadership et crise de gouvernance.
Parlant des financiers, le manque d’autonomie budgétaire, l’endettement des États auprès des bailleurs de fonds, le non-paiement des cotisations par plusieurs pays, limitent le financement autonome des missions de paix.
Les defis climatiques et humanitaires
Les déplacements massifs de réfugiés fuyant conflits ou sécheresses, aggravés par des crises alimentaires aiguës ne sont de nature à faciliter les choses. Autre chose, nous assistons à un décalage entre dirigeants et populations, la lenteur administrative dans l’application des décisions, alors que les sociétés civiles avancent souvent plus vite que leurs gouvernements.
À cela s’ajoute la suspension de trois États membres — le Mali, le Burkina Faso et le Niger — qui ont formé en 2023 l’Alliance des États du Sahel (AES) et rompu leurs partenariats militaires avec l’Occident au profit de nouvelles alliances.
Vers une nouvelle approche
Pour surmonter ces obstacles, l’UA cherche à éviter l’isolement des pays en transition. La Guinée, considérée comme un modèle, a organisé un référendum constitutionnel et une élection présidentielle inclusive et financée sur son propre budget national, démontrant une maturité politique et une volonté d’autonomie.
Par ailleurs, l’UA insiste sur la nécessité d’un partenariat équilibré avec l’ONU, qui ne se limite pas à l’aspect militaire mais englobe aussi les dimensions sécuritaires, humanitaires et économiques. Elle ambitionne de renforcer son Fonds pour la paix à plus d’un milliard de dollars et d’impliquer davantage la jeunesse africaine dans la résolution des conflits, notamment par la création d’opportunités d’emploi afin de réduire le recrutement djihadiste, surtout en zones rurales.
L’exemple guinéen
La Guinée, fidèle à son orientation panafricaniste depuis 1958, met en avant l’implication des jeunes et des femmes dans son projet de développement. La Vision Simandou 2040 illustre cette démarche, avec une participation active de ces groupes sociaux dans les programmes nationaux et les élections législatives, sénatoriales et communales prévues le 31 mai prochain. Le pays semble ainsi tracer une voie prometteuse vers un développement inclusif et durable.
Lansana Sarr

















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