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Journée internationale des musées : les communautés au cœur de la célébration en Guinée

Dimanche 17 mai 2026, le Musée national de Guinée a consacré la deuxième journée de la célébration de la Journée internationale des musées à une initiative inédite : « La voix des communautés ».

L’événement a donné la latitude aux communautés pour qu’elles expriment leur vision du patrimoine et participent directement à la valorisation des objets conservés dans les collections nationales. Échanges, discussions et collaboration ont ponctué cette rencontre, avant qu’un spectacle vibrant ne vienne sceller l’union entre tradition et modernité.

Sous la conduite de Marie-Ivonne Curtis, anthropologue spécialisée dans l’art des Bagas et des Nalus, cette rencontre a mis en lumière l’importance d’associer les communautés à la recherche de provenance et à la restauration des biens culturels. « Ces objets appartiennent d’abord aux peuples dont ils sont issus », a rappelé la chercheuse, en citant les Malinkés de Kankan, les Kissi de Guéckédou, les Tomas de Macenta ou encore les Bagas de Boké. Le projet s’inscrit dans une dynamique internationale, soutenue par le Fonds franco-allemand, visant à créer un réseau collaboratif autour du patrimoine guinéen.

L’objectif est de créer du lien, mieux comprendre les besoins de chacun et ouvrir des perspectives de collaboration autour du patrimoine guinéen.

La journée a été marquée par des ateliers interactifs où des représentants venus de Béyla, Kankan, Siguiri, Kouroussa, Boké, Kindia ou Labé, divisés en petits groupe de travail, ont été invités à choisir des objets du musée et à les présenter comme médiateurs culturels. Balafon de Haute-Guinée, tabala, flûte de la Basse Côte, coiffe bassari ou encore la célèbre Nimba ont ainsi été réinterprétés par les participants, qui ont imaginé comment les transmettre à différents publics : enfants, étudiants, visiteurs guinéens, africains ou européens.

Dans la même logique, Dr Ali Gilbert Ifono, maître de conférence, ancien ministre de la culture et écrivain, a expliqué le processus en tant que participant du colloque: « Aujourd’hui, il s’agit d’étudier cas par cas les produits des communautés. Chaque groupe reçoit des questionnaires sur un ou deux objets : comment ils ont été produits, à quoi ils ont servi et comment envisager leur conservation. Les représentants disposent d’un temps pour exposer leurs réponses, suivies de discussions. Des échantillons couvrent l’ensemble du territoire national, de la Basse-Côte au Nord, Koundara, de Kankan à N’Zérékoré. Les résultats permettront aux organisateurs de définir les projets futurs pour la conservation du patrimoine national. » a-t-il laissé entendre.

La soirée s’est ensuite transformée en un moment festif avec un spectacle grandiose dans la cour du Musée. Concerts, danses traditionnelles et prestations artistiques ont donné vie aux objets se trouvant dans le Musée, créant une passerelle entre mémoire et création contemporaine. Plusieurs artistes ont animé la scène, mêlant rythmes ancestraux et sonorités modernes, pour célébrer la diversité culturelle dans une ambiance de paix, d’union et de joie.

Au-delà de la simple concertation, l’objectif était de recueillir des récits, des savoirs et des mémoires vivantes pour enrichir la recherche scientifique sur la provenance des œuvres. Cette démarche participative ouvre la voie à une nouvelle politique culturelle où la communauté devient actrice de la conservation et de la transmission du patrimoine. Et c’est dans l’éclat du spectacle final que cette ambition a trouvé son expression la plus vibrante : un musée qui ne se limite pas à conserver, mais qui vit, respire et rassemble.

Mohamed Dramé

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