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Guinée : un accord signé pour l’extension du Musée National de Sandervalia

Le ministère de la Culture, du Tourisme et de l’Artisanat a procédé, ce lundi, à la signature d’un accord majeur avec l’Agence française de développement (AFD) et le ministère de l’Économie, des Finances et du Budget, en vue du financement, sous forme de prêt souverain, de l’extension du Musée national de Sandervalia.

La cérémonie s’est déroulée en présence du ministre de la Culture, du Tourisme et de l’Artisanat, Moussa Moïse Sylla, de la ministre de l’Économie, des Finances et du Budget, Mariame Ciré Sylla, du directeur général de l’AFD, de la première représentante du CNT, ainsi que de plusieurs hauts cadres du département de la Culture.

Dans son allocution, le ministre Moussa Moïse Sylla a rappelé le rôle fondamental des musées, qu’il a qualifiés de « gardiens de la mémoire collective et piliers de la souveraineté culturelle des nations ». Il a souligné que ce projet permettra à la Guinée de se doter d’infrastructures modernes capables d’accueillir, à terme, les biens culturels africains restitués par les grandes institutions internationales.

« Ce musée, demain, renouvelé, sera précisément l’écrin qui nous permettra d’accueillir dignement ces trésors qui rentreront à la maison… La Guinée n’est pas novice en matière de partenariat avec l’Afrique. La Guinée n’est pas novice en matière de partenariat avec l’Agence française de développement. Nous avons, au fil des années, bâti avec cette institution une relation de confiance solide, notamment dans des secteurs stratégiques. C’est un signal fort, c’est une reconnaissance éclatante que la culture n’est pas un luxe réservé aux nations prospères, elle en est le fondement même », a-t-il ajouté, rappelant les liens qui unissent la Guinée à la France depuis plusieurs années.

Selon le ministre, le financement, d’un montant de 16 millions d’euros, est accordé sous forme de prêt souverain bonifié, remboursable sur vingt ans, dont sept années de grâce. Ce soutien traduit la confiance de l’AFD dans la vision culturelle et patrimoniale portée par la Guinée.

Les quatre axes du projet

Le programme d’extension et de modernisation du Musée national de Sandervalia repose sur quatre composantes principales : La réhabilitation et l’extension des infrastructures sur un site sécurisé de 8 000 m², selon des normes environnementales adaptées au climat guinéen ; La refonte du projet muséographique, avec une programmation culturelle dynamique et des expositions temporaires ; La mise en place d’une gouvernance pérenne, appuyée par Expertise France ; La promotion de l’égalité femmes-hommes dans l’accès à la culture et la valorisation de la place des femmes dans la création artistique.

De son côté, le directeur général de l’AFD, Rémy Rioux, a exprimé sa satisfaction de voir la Guinée s’engager dans un projet culturel d’envergure, affirmant que « l’investissement dans la culture est un pari sur l’avenir, générateur de richesses matérielles et immatérielles ».

Pour sa part, la ministre de l’Économie, Mariame Ciré Sylla, a salué « un investissement stratégique dans l’éducation, l’identité collective et la diplomatie culturelle », insistant sur les retombées économiques et sociales attendues, notamment en matière d’emplois et de tourisme.

À cet effet, elle a lancé un appel au Conseil national de la transition (CNT) pour la ratification du projet :

« Je salue le Conseil national de la transition, les institutions législatives et j’en appelle, dans les prochaines semaines, à une ratification diligente de cette convention afin que les décaissements interviennent dans les meilleurs délais et que les travaux démarrent », a-t-elle déclaré.

Il convient de noter que ce projet s’inscrit dans une vision plus large portée par le président de la République, Mamadi Doumbouya, à travers le programme Simandou 2040. Outre Sandervalia, des musées régionaux verront le jour à Labé, Kankan, Mamou, N’Zérékoré, Boké et Kindia, renforçant ainsi le maillage culturel du pays.

Avec cette convention, la Guinée franchit une étape décisive dans la valorisation de son patrimoine et affirme sa volonté de faire de la culture un levier de développement durable.

Mohamed Dramé

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