Quatre ans après l’interception spectaculaire du navire Amer El Bear dans les eaux guinéennes, l’affaire continue de faire grand bruit. Ce jeudi 12 mars 2026, la Cour d’appel de Conakry a rouvert le dossier impliquant six hommes, un Guinéen et cinq Sierra-Léonais accusés de trafic international de stupéfiants.
Leur arrestation, survenue le 27 juin 2022, avait marqué les esprits : les unités de la gendarmerie maritime avaient saisi à bord du navire pas moins de 2 605 kilogrammes de cocaïne, soigneusement emballés dans plus de deux mille plaquettes. Une cargaison colossale qui avait immédiatement placé la Guinée au cœur d’un scandale régional.
En mai 2024, le tribunal criminel de Kaloum avait condamné Simon Delamou, Alhassane Maria Conteh, Juma Barry, Jonathan Formah, Elhadj Bangoura et Vandy Kamara à cinq ans de réclusion criminelle, assortis de la confiscation et de la destruction de la drogue. Le navire, quant à lui, devait être vendu aux enchères au profit du Trésor public. Mais les condamnés, estimant la peine trop lourde, ont choisi de faire appel.
Devant la Cour, l’avocate générale Loly Tinguiano n’a pas mâché ses mots : pour elle, les preuves sont irréfutables et la décision de première instance doit être confirmée. La défense, en revanche, campe sur une ligne de résistance. Ses avocats dénoncent une « erreur judiciaire » et affirment que leurs clients ne sont que des victimes collatérales, embarquées malgré elles dans une affaire dont les véritables cerveaux seraient toujours en fuite.
« Le doute existe, et ce doute doit profiter à l’accusé », ont-ils martelé, insistant sur l’absence de rémunération et sur l’ignorance présumée des prévenus quant à la nature de la cargaison.
Après des heures de débats tendus, la Cour a choisi de mettre l’affaire en délibéré. Le verdict, attendu le 16 avril 2026, pourrait sceller définitivement le sort de ces six hommes entre la confirmation d’une lourde condamnation et l’éventualité d’un acquittement qui ferait grand bruit.
AMD

















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