Le long de l’axe du Conakry Express, notamment dans le secteur de Madina, les emprises ferroviaires se transforment chaque jour en zones d’activités humaines incontrôlées. Vendeurs ambulants, étals improvisés, dépôts d’ordures et même constructions artisanales s’installent au bord des rails, au mépris des risques mortels que cela engendre. Malgré les campagnes de sensibilisation, le phénomène persiste et inquiète autorités, usagers et riverains.
Conçues pour le passage exclusif du train urbain, les voies ferrées sont désormais envahies par des marchés improvisés. À l’approche du train, les commerçants déplacent leurs marchandises… pour les remettre aussitôt en place. Cette occupation anarchique entrave la circulation, complique la maintenance et expose les populations à des drames évitables.
L’ONG AJSEA, en partenariat avec RUSAL CBK et les services de sécurité, a lancé une campagne de 20 jours pour alerter les habitants. Objectif : zéro accident. Des écoles aux quartiers, les messages se répètent : « Les rails ne sont pas un espace public ordinaire. » Mais la pauvreté et le manque d’espaces aménagés rendent la lutte difficile.
« Madina est très dense. Les gens cherchent simplement à survivre », témoigne Michel Laurent Lamah, fonctionnaire et résident. « Les rails deviennent un espace disponible, mais ils oublient que c’est un espace dangereux. »
Des risques humains et matériels
Les responsables de sécurité rappellent que le train, une fois lancé, ne peut s’arrêter brusquement. Une inattention, un étal trop proche, un enfant jouant sur les rails… et c’est le drame assuré.
Ibrahima David Soumah, gardien des voies, vit cette tension au quotidien : « Chaque jour, je dois siffler, crier, demander aux enfants de descendre des rails. Ils jouent dessus comme si c’était un terrain de football. Nous avons déjà frôlé des catastrophes. »
Les campagnes de sensibilisation, aussi nécessaires soient-elles, ne suffisent plus. Les acteurs de la sécurité ferroviaire réclament une action coordonnée : déguerpissements, aménagements alternatifs, marchés organisés. Car derrière chaque ralentissement du Conakry Express, ce sont des centaines de travailleurs et d’élèves pénalisés.
« La solution doit être collective », insiste M. Lamah. « Sans alternatives concrètes, le problème continuera. »

Ibrahima Sory Bangoura

















Leave a Reply