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Patrimoine historique : Niani accueille le Forum international du Manding

Niani, capitale historique du Manding médiéval, a vibré du 3 au 5 avril 2026 au rythme du Forum international de la culture et du patrimoine mandingue. Situé à la frontière entre la Guinée et le Mali, ce village ancestral des descendants de Soundiata Keïta a rassemblé des délégations venues de Côte d’Ivoire, du Mali, du Liberia, de la Sierra Leone, du Sénégal et de la Guinée.

La cérémonie s’est déroulée en présence des autorités, notamment le Ministre de la Culture et de l’Artisanat, Moussa Moïse Sylla. L’objectif affiché : mettre en valeur le patrimoine historique du Manding à travers le Sosso Balla, balafon sacré, et renforcer les liens de coopération culturelle entre les pays frontaliers.

Le Sosso Balla, héritage millénaire
Symbole de l’identité mandingue, le Sosso Balla est un instrument mythique datant de 1205. Il fut d’abord la propriété de Soumahoro Kanté, roi du Kagnata, avant d’être récupéré par Soundiata Keïta lors de la bataille de Kirina. Soundiata le confia ensuite aux Kouyaté de Niagassola, gardiens traditionnels de cet instrument sacré.

« Le Sosso Balla est une longue histoire. Quand il est joué par les Kouyaté devant les Keïta, c’est une joie immense. Il incarne la mémoire vivante du Manding », témoigne Elhadj Mohamed Keïta, originaire de Djoumabaladou.

Un patrimoine à préserver

Conservé depuis des siècles à Niagassola, le Sosso Balla n’a jamais été transporté par moteur, uniquement porté par des hommes, respectant ainsi les rituels sacrés. Elhadj Siriman Kouyaté, magistrat à la retraite et conservateur du balafon, rappelle que Soumahoro Kanté le considérait comme un oracle, le consultant avant toute décision.

Les participants ont lancé un plaidoyer pour la valorisation de ce patrimoine unique. Ils demandent la réhabilitation de la route Siguiri–Niagassola (145 km), indispensable pour l’accès au site. Ils souhaitent également la construction d’infrastructures hôtelières afin de développer le tourisme culturel.

« Le Sosso Balla est une œuvre nationale, il appartient à l’État », a insisté Elhadj Mohamed Keïta, appelant le Chef de l’État, le Général Mamady Doumbouya, à s’impliquer dans sa préservation.

Actuellement gardé par la famille Dokala, le Sosso Balla est reconnu comme un patrimoine de l’humanité, mais les acteurs culturels souhaitent que l’État reprenne officiellement sa gestion pour en assurer la sauvegarde et la transmission.

Yakouba Traoré
Envoyé spécial

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