Advertisement

À New York, Dre Siré Nabé fait résonner la voix des femmes guinéennes

Médecin radiologue et présidente de l’ONG Savifem, Dre Siré Nabé a porté haut la voix des femmes guinéennes lors de la 70e session de la Commission de la condition de la femme des Nations Unies (CSW70). Enseignante-chercheure à l’Université Gamal Abdel Nasser de Conakry, elle a pris part aux travaux tenus du 9 au 19 mars au siège des Nations Unies, consacrés à l’accès à la justice pour les femmes et les filles. Dans un entretien accordé à nos confrères de Repereguinee.com, elle a mis en lumière les avancées de la Guinée et les défis persistants.
À travers Savifem, active depuis trois ans, Dre Nabé s’engage pour la santé globale des femmes, en particulier la santé maternelle et la lutte contre les cancers gynécologiques. L’organisation mène des campagnes de sensibilisation et de dépistage dans plusieurs régions du pays, tout en développant des programmes sur les droits sexuels et reproductifs, la lutte contre les violences basées sur le genre et les mutilations génitales féminines. Elle souligne que ces actions rapprochent les femmes des structures de prévention et d’accompagnement, tout en brisant les tabous.
Sa participation à la CSW70 a été rendue possible grâce au soutien du ministère de la Famille et des Solidarités et de la mission permanente de la Guinée auprès des Nations Unies. Dre Nabé décrit cette rencontre comme un moment riche en échanges et en apprentissages, réunissant décideurs, ONG et partenaires internationaux. Elle insiste sur l’importance de renforcer les mécanismes existants en Guinée, où des textes législatifs et des structures spécialisées existent déjà, mais nécessitent un appui technique et financier accru pour être pleinement efficaces.
Elle rappelle que la Guinée a ratifié des conventions internationales majeures, dont le Protocole de Maputo et la CEDAW, mais que la mise en œuvre reste un défi. Savifem, en contact direct avec les populations, appelle à un soutien renforcé pour intensifier ses actions. Dre Nabé adresse enfin un message fort aux femmes guinéennes : ne pas céder à la peur de la stigmatisation et dénoncer les violences. Elle affirme que des recours et des dispositifs d’accompagnement existent, parfois de manière anonyme, et que l’accès à la justice est une réalité possible. Pour elle, seule la sensibilisation et l’engagement collectif permettront aux femmes de sortir du silence et de faire valoir leurs droits.
La Rédaction 

Leave a Reply

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *