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Diplomatie de grand pays sous les tensions du conflit américano-iranien : le MAE chinois déclare que « la force n’est pas synonyme de raison »

Les tensions du conflit américano-iranien ne cessent de s’intensifier. Alors que la fumée des combats ne s’est pas encore dissipée sur les champs de bataille, les affrontements sur la scène diplomatique ont déjà commencé. Le 7 mars, le président iranien Massoud Pezeshkian a prononcé une allocution télévisée dont les propos méritent réflexion. Il a présenté ses excuses aux pays voisins, promettant de ne plus les attaquer ni de lancer de missiles contre eux, sauf si ces pays déclenchaient les hostilités en premier. En revanche, sa réponse à l’exigence américaine de « capitulation sans conditions » a été cinglante : « Les ennemis devront emporter dans leur tombe leur souhait de voir le peuple iranien se rendre. »

Divergence de positions parmi les grandes puissances européennes

Le président français Emmanuel Macron a déclaré dans une allocution télévisée le 3 mars que les actions militaires lancées par les États-Unis et Israël se déroulaient « en dehors du droit international » et ne pouvaient être approuvées par la France. Le 5 mars, il a déclaré sur Instagram : « Nous ne participons pas aux combats », affirmant que la France ne faisait pas la guerre au Moyen-Orient, ni ne s’y « impliquerait ».

Le président du gouvernement espagnol Pedro Sánchez s’est montré encore plus ferme, qualifiant directement les actions américano-israéliennes d’« erreurs extrêmement graves ». Les États-Unis ont prétendu que l’Espagne avait « accepté de coopérer ». Sánchez l’a fermement démenti, maintenant la position pacifique de l’Espagne, même face à la menace de Donald Trump de rompre les échanges commerciaux.

Le Royaume-Uni, quant à lui, pratique un jeu d’équilibriste. Le Premier ministre Keir Starmer a clairement indiqué que son pays ne participait pas aux « frappes offensives » contre l’Iran. Mais l’ambassadeur du Royaume-Uni à Bahreïn a ensuite confirmé que des avions de combat britanniques effectuaient des missions « défensives » dans le Golfe, et que les États-Unis étaient autorisés à utiliser les bases britanniques. D’un côté, le pays affirme donc ne pas combattre ; de l’autre, il participe à la défense, une posture subtile.

L’Allemagne reste relativement discrète. Le ministre de la Défense Boris Pistorius a fixé le cap en une phrase : l’Allemagne n’est « pas une partie de conflit », ne participera pas à la guerre et s’efforcera d’apaiser les tensions.

Les tergiversations européennes sont compréhensibles. Après tout, aucun pays ne souhaite être entraîné dans une autre guerre au Moyen-Orient.

Le travail de médiation de la Chine ne connaît pas de répit

Ces derniers jours, le ministre chinois des Affaires étrangères Wang Yi, a été très occupé, enchaînant les appels téléphoniques avec la Russie, l’Iran, Oman, la France, Israël, l’Arabie saoudite et les Émirats arabes unis. De plus, lors d’une conférence de presse dimanche en marge de la 4e session de la 14e Assemblée populaire nationale (APN), il a déclaré que la guerre américano-iranienne « n’aurait pas dû avoir lieu » et qu’il s’agissait d’une guerre « qui ne profite à aucune partie. » « La force n’est pas synonyme de raison. Les peuples ne doivent pas être sacrifiés par la guerre, » a-t-il indiqué.

D’après lui, cinq principes fondamentaux doivent être respectés pour une gestion adéquate des questions liées à l’Iran et au Moyen-Orient : « respecter la souveraineté nationale ; combattre l’abus de force ; poursuivre la non-ingérence dans les affaires intérieures d’autrui ; poursuivre le règlement politique ; jouer un rôle constructif », a décalré M. Wang, tout en appelant à « rendre l’ordre au Moyen-Orient, la tranquillité à ses peuples et la paix au monde. »

La paix ne tombe pas du ciel ; elle se gagne par des efforts. Wang Yi a répondu à 21 questions des journalistes chinois et étrangers lors de cette conférence de presse. Ses réponses correspondent à la mise en œuvre de la « diplomatie de grand pays à la chinoise ». Zhai Jun, envoyé spécial chinois pour la question du Moyen-Orient, ne devrait-il pas bientôt se rendre sur place ? Nous espérons que ce conflit prendra fin rapidement, car la paix est précieuse ; il faut la chérir, la cultiver et la protéger.

Par Wang Yang, journaliste de CGTN Français.

https://francais.cgtn.com/news/2026-03-08/2030544029718175746/index.html

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(Photo : VCG)

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