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TikTok, WhatsApp, Facebook… quand l’école perd du terrain

Dans les écoles de Guinée, les réseaux sociaux se sont imposés comme une présence incontournable qui façonne le quotidien des élèves. Facebook, WhatsApp, Instagram et TikTok ne sont plus seulement des espaces de divertissement, ils influencent désormais les études, les comportements et la discipline. L’accès généralisé aux smartphones et à Internet a ouvert une fenêtre immense sur le monde numérique, mais cette ouverture s’accompagne de conséquences qui inquiètent autant qu’elles séduisent.
La Guinée, à l’image de nombreux pays africains, connaît une adoption massive des plateformes numériques, portée par la baisse des coûts d’accès et la diffusion des téléphones intelligents. Les jeunes y passent plusieurs heures par jour, entre échanges, vidéos et distractions. Si ces outils peuvent renforcer la communication entre camarades et faciliter le partage d’informations liées à l’école, leur usage excessif devient une menace silencieuse. Les études menées ailleurs en Afrique montrent que les pratiques purement ludiques entraînent fatigue, perturbations du sommeil et baisse de l’attention, autant de facteurs qui fragilisent les résultats scolaires.
Dans les classes guinéennes, ces dérives se traduisent par des comportements préoccupants. Certains élèves privilégient les discussions virtuelles et les contenus divertissants au détriment de leurs devoirs, compromettant leurs performances. Les autorités éducatives ont dû réagir avec fermeté. À Conakry, cinq élèves ont été renvoyées pour avoir diffusé des vidéos jugées contraires aux valeurs morales et à la discipline scolaire. Une sanction sévère, mais destinée à rappeler que la liberté d’expression en ligne s’accompagne de responsabilités. Ces mesures disciplinaires révèlent une tension nouvelle entre l’univers numérique des jeunes et les exigences éducatives des établissements.
Les réseaux sociaux ne se contentent pas de distraire, ils véhiculent aussi des rumeurs capables de semer le chaos. En novembre 2025, une fausse information annonçant l’arrêt des cours dans toutes les écoles du pays s’est propagée sur Facebook, plongeant élèves, parents et enseignants dans la confusion avant d’être démentie par le ministère de l’Éducation. Cet épisode illustre la puissance de ces plateformes à bouleverser la routine scolaire, parfois au détriment de l’organisation pédagogique.
Pourtant, tout n’est pas sombre. Les réseaux sociaux peuvent aussi devenir des alliés de l’éducation. Ils offrent des espaces de collaboration, des forums d’échange de documents et un accès facilité à des ressources pédagogiques. Lorsqu’ils sont intégrés intelligemment dans les pratiques éducatives, ils deviennent des outils précieux. Les experts insistent sur l’importance d’une éducation aux médias et à la citoyenneté numérique, afin d’apprendre aux jeunes à distinguer l’essentiel du superflu, à gérer leur temps d’écran et à transformer ces plateformes en leviers d’apprentissage plutôt qu’en obstacles.
Le système éducatif guinéen se trouve aujourd’hui à un tournant décisif. Il doit affronter les risques liés à la distraction, au cyberharcèlement et à la diffusion de contenus inappropriés, tout en exploitant les potentialités offertes par ces outils pour enrichir l’enseignement. Pour les enseignants, les parents et les responsables, l’enjeu est clair : trouver un équilibre durable entre l’intégration des réseaux sociaux dans la vie scolaire et la préservation d’un cadre éducatif serein, capable de préparer les jeunes Guinéens à un avenir où le numérique sera omniprésent.
Ibrahima Sory Bangoura

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