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Alpha Sékou Bangoura : « Routes dégagées = vies protégées = avenir garanti »

Depuis fin janvier 2026, Conakry vit au rythme d’une vaste opération de déguerpissement. Objectif : désencombrer les routes, fluidifier la circulation et renforcer la sécurité des usagers. Si l’action a suscité quelques remous, elle est largement saluée par l’opinion publique pour ses résultats visibles : des rues dégagées, une mobilité retrouvée et une réduction des risques d’accidents.
Pour mieux comprendre les enjeux, Horoya a rencontré Alpha Sékou Bangoura, Directeur Général de l’Observatoire National des Routes (ONR).
Horoya.net : Pouvez-vous nous présenter brièvement l’ONR ?
Alpha Sékou Bangoura : L’Observatoire National des Routes est un service public technique rattaché au Ministère des Infrastructures. Sa mission est stratégique : planifier, observer et analyser l’état du réseau routier afin d’éclairer les décisions de l’État en matière d’entretien, d’investissements et de protection du patrimoine routier. L’ONR est, en quelque sorte, le gardien silencieux de nos routes, veillant à ce qu’elles demeurent sûres et durables.
Horoya.net : Qu’est-ce qui a motivé le lancement du déguerpissement ?
DG/ONR : Il fallait agir. Les infrastructures se dégradaient rapidement, les accidents se multipliaient à cause des occupations anarchiques, et les ouvrages d’assainissement étaient paralysés. Sans oublier la nécessité de préserver des investissements publics considérables.
Cette opération est avant tout l’application stricte de la loi L/2016/074/AN portant protection du patrimoine routier national, ainsi que du décret D/2017/153/PRG/SGG qui en fixe les modalités. La loi est claire : l’emprise routière est un domaine public inaliénable, imprescriptible et non cessible. Toute occupation illégale expose donc à une procédure de déguerpissement.
Horoya.net : Quel rôle joue l’ONR dans cette opération ?
DG/ONR : Notre rôle est exclusivement technique et préventif. Nous identifions les emprises concernées grâce à des données géoréférencées, analysons les impacts sur la sécurité et la circulation, et assurons le suivi post-déguerpissement pour éviter toute réoccupation anarchique. L’ONR n’est pas un organe de répression : nous éclairons la décision publique et accompagnons les autorités.
Horoya.net : Comment l’État prend-il en compte les préoccupations des populations affectées ?
DG/ONR : Le Président de la République a donné des orientations claires : privilégier le dialogue et l’apaisement. L’objectif n’est pas de sanctionner, mais de protéger des vies humaines. Les collectivités locales et les services sociaux travaillent à des mesures d’accompagnement et de relocalisation. L’ONR, pour sa part, documente les situations et alerte les autorités afin que les décisions tiennent compte de la réalité sociale.
Horoya.net : Certains citoyens parlent de mesures “dures” ou “inhumaines”. Que leur répondez-vous ?
DG/ONR : Je comprends l’émotion, surtout lorsqu’il s’agit d’activités de survie. Mais la loi est sans ambiguïté : nul ne peut occuper l’emprise routière sans autorisation préalable. Toute occupation illégale expose à une procédure de déguerpissement.
Cela dit, l’État n’agit pas contre les populations, mais pour leur sécurité. Les installations anarchiques exposent directement les femmes, les enfants et les usagers à des accidents graves, à l’insalubrité et à des risques sanitaires. Le sacrifice d’aujourd’hui est la protection de demain.
Horoya.net : Le Président est intervenu pour apaiser les tensions. Quelle est votre lecture ?
DG/ONR : Son intervention a été humaine et responsable. Il a rappelé que ces opérations ne sont ni une sanction ni un mépris du travail des commerçants, mais une exigence de sécurité et d’intérêt général. À l’ONR, nous nous inscrivons pleinement dans cette vision : appliquer la loi avec fermeté, mais aussi expliquer, dialoguer et accompagner.
Horoya.net : Quelles sont les prochaines étapes ?
DG/ONR : Nous allons sécuriser les emprises libérées, aménager et assainir les zones concernées, renforcer le contrôle et intégrer ces espaces dans la planification urbaine. L’objectif est clair : pérenniser les résultats et éviter que ces actions ne soient ponctuelles.
Horoya.net : Un dernier message aux citoyens ?
DG/ONR : e voudrais appeler chacun au sens du collectif. Les routes sont un patrimoine national commun. Les protéger, c’est protéger la vie, l’économie et l’avenir de nos enfants. L’ONR veille, l’État agit, mais la réussite dépend aussi du civisme et de la compréhension de tous.
Je tiens à exprimer mes sincères remerciements au Président de la République, Mamadi Doumbouya, pour son leadership éclairé et son intervention apaisante. Mes remerciements vont également au Gouvernement, au Ministère des Infrastructures, à la Police Nationale et au Gouvernorat de Conakry, ainsi qu’aux communes, pour leur rôle central de proximité et de médiation.
Ces actions coordonnées traduisent une seule ambition : bâtir une ville plus sûre, plus organisée et plus humaine pour tous.
Entretien réalisé par Amadou Mouctar Diallo 

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