Installé ce vendredi à la tête du ministère des Affaires Étrangères, de l’Intégration Africaine et des Guinéens Établis à l’Étranger, Dr. Morissanda Kouyaté n’a pas tardé à livrer sa vision. Quelques heures après sa prise de fonction, le chef de la diplomatie guinéenne a accordé un entretien exclusif, où il a exposé les fondements de l’action extérieure de la Guinée depuis le 5 septembre 2021 et les engagements pris pour redonner aux Guinéens une place affirmée sur la scène africaine et internationale.
Une diplomatie bâtie sur le sérieux
Pour Morissanda Kouyaté, la clé de voûte de la diplomatie guinéenne est le « sérieux » imprimé par le président de la République. « C’est ce qui a convaincu nos partenaires internationaux », insiste-t-il. Trois piliers structurent cette démarche :
– Politique : rompre avec les pratiques du passé et affirmer une nouvelle trajectoire.
– Économique : bâtir des échanges équilibrés et respectueux des intérêts mutuels.
– Social : placer le bonheur du peuple guinéen au centre de toute action.
« Chaque conférence, chaque signature de contrat, chaque rencontre diplomatique n’a qu’un seul objectif : offrir au peuple ce bonheur tant recherché », souligne-t-il.
Une souveraineté assumée
Même dans les moments de transition, la Guinée a su imposer respect et confiance, rappelle le ministre. Aujourd’hui, il promet un changement visible dans tous les domaines : « Nous allons renforcer nos rapports avec le reste du monde, éviter les stupidités diplomatiques et créer une ambiance internationale favorable à la Guinée. »
Les Guinéens établis à l’étranger, un pilier de l’unité nationale
Morissanda Kouyaté insiste sur la nouvelle approche envers la diaspora : « Ce ne sont pas des Guinéens de l’étranger, mais des Guinéens établis à l’étranger. La distance géographique est balayée par la proximité citoyenne. »
Il rappelle que le président lui-même, tout comme lui, a vécu à l’extérieur : « Nous savons ce que cela signifie. Désormais, même critique, un Guinéen reste soutenu par l’État. Car l’État est une mère, et chaque Guinéen est son enfant. »
Une diplomatie panafricaniste
Sur les relations avec les États-Unis et la CEDEAO, le ministre reste ferme : « La Guinée est simplement guinéenne et africaine. Personne ne peut influencer la Guinée pour lui faire changer de trajectoire. »
Il rappelle l’héritage de 1958, lorsque la Guinée a choisi l’indépendance et la dignité : « Nous n’avons jamais abandonné la maison commune qu’est la CEDEAO, même si des divergences existent. » Et de citer l’exemple du Mali : « Héritier de l’histoire guinéenne, le président ne pouvait pas trahir cette mémoire. C’est cette position qui a sauvé le Mali. »
Une diplomatie au service du peuple
À travers ses propos, Morissanda Kouyaté trace une ligne claire : une diplomatie fondée sur le sérieux, la souveraineté et l’unité des Guinéens, qu’ils soient au pays ou établis à l’étranger. Fidèle à l’esprit panafricaniste, il entend faire de la Guinée une voix respectée et incontournable sur la scène internationale.
Entrtien realisé par Amadou Mouctar Diallo
















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